Bruxelles, 23/06/2004 (Agence Europe) - Les membres français de l'Assemblée du Conseil de l'Europe ont quitté lundi l'hémicycle, après avoir entendu Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, commencer en anglais le discours qui leur était destiné. Le socialiste François Loncle a lancé "Monsieur le Président, vous pourriez parler français, ce serait la moindre des choses!", avant de sortir. M. Trichet a vainement essayé d'expliquer: "Ecoutez, ne partez pas avant que...". Déjà, un deuxième député, Rudy Salles, l'apostrophait à son tour: "Cela ne se fait pas!". Autre tentative de M. Trichet: "Messieurs, laissez-moi seulement vous indiquer que...". Et voilà que Rudy Salles est sorti lui aussi de l'hémicycle, accompagné de Pierre Goldberg (CR) et des trois élus de l'UMP Jacques Legendre, Jean-Marie Geveaux et Bernard Schreiner. Là, M. Trichet a enfin eu la possibilité de s'expliquer: "Je tiens à indiquer, en français (...), que dans ma propre organisation la langue de travail est l'anglais. Cela dit, je suis tout à fait disposé (...) à m'exprimer dans la langue que vous souhaiterez". Le Président de l'Assemblée, l'Autrichien Peter Schieder a dit à M. Trichet (en anglais) qu'il pouvait parler les deux langues, et lui a demandé pardon parce que, a-t-il tenu à préciser, "ce n'est encore jamais arrivé qu'une délégation parte à cause d'une question linguistique".
Dans un communiqué, les membres français de l'Assemblée du Conseil de l'Europe ont annoncé leur intention d'évoquer l'affaire avec le Premier ministre français.
Rappelons que, lors de ses rencontres régulières avec la commission économique et monétaire du Parlement européen, le président de la Banque centrale européenne prononce son discours d'introduction en français, pour répondre ensuite aux questions des députés en français ou en anglais. C'est ce qu'avait fait aussi Christian Noyer, le vice-président français du premier président de la BCE, Wim Duisenberg. M. Noyer avait provoqué quelques protestations de députés européens français, comme le souverainiste William Abitbol, qui, cependant, n'était pas allé jusqu'à quitter la salle.