Bruxelles, 23/06/2004 (Agence Europe) - Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, et son ministre des Affaires européennes, Atzo Nicolaï, ont présenté mercredi à la presse le programme de travail de la Présidence néerlandaise. Le leitmotiv sera double: "réalisme et ambition", a expliqué M.Bot. Réalisme, d'abord, parce que même après l'élargissement et l'adoption de la Constitution, l'agenda européen dans cette "année historique pour l'intégration européenne" reste très chargé et exigeant. Ambition ensuite, parce que la Présidence devra gérer une Union géographiquement plus vaste avec des enjeux financiers et budgétaires de plus en plus importants. "Nos objectifs sont ambitieux et notre état d'esprit est réaliste (...). Ce que les citoyens nous demandent, ce sont des ambitions réalistes", a affirmé M.Bot. L'UE doit aussi mieux communiquer avec les citoyens, "afin de les garder à bord".
Sur le fond, le programme de travail de la Présidence néerlandaise sera concentré sur les cinq domaines suivants: 1) élargissement. Le dernier élargissement doit être digéré et des décisions importantes devront être prises d'ici la fin de l'année sur la Bulgarie et la Roumanie ("notre objectif est de conclure les négociations"), ainsi que sur la Turquie ; 2) liberté, sécurité et justice. Ce sera le grand sujet du Conseil européen du 5 novembre. Cinq ans après Tampere et le Traité d'Amsterdam, il est temps d'aller de l'avant, sur la base de l'évaluation présentée en juin par la Commission. Un accent particulier sera mis sur la lutte contre le terrorisme, l'harmonisation de la politique d'asile et de migration et sur la coopération judiciaire et policière ; 3) développement d'une politique extérieure efficace. Après l'adhésion des dix nouveaux membres, les attentes des citoyens de voir l'UE jouer un rôle politique plus important sont "plus élevées que jamais". La Présidence néerlandaise "essayera de satisfaire ces attentes" en poursuivant le travail sur un grand nombre de points, mais avec une attention particulière sur quatre sujets: l'Asie, le Partenariat Stratégique avec la Méditerranée et le Moyen-Orient, le multilatéralisme, la politique européenne de sécurité et de défense ; 4) croissance économique durable. La poursuite des réformes structurelles est "essentielle" et "les principes du Pacte de Stabilité doivent être respectés". En outre, les nouveaux pays membres devraient être inclus dans le Pacte, a estimé M.Bot. Quant à la stratégie de Lisbonne, "l'UE doit se concentrer à mettre en oeuvre les conclusions du Conseil européen de mars". La Présidence veut aussi réduire les charges administratives pour les entreprises. La Commission a déjà fait des efforts dans ce domaine (notamment à travers la simplification de l'acquis), mais « nous voudrions aller un pas plus loin en introduisant une méthodologie pour évaluer les coûts des charges administratives » ; 5) le futur système budgétaire de l'UE et la préparation des perspectives financières 2007-2013. L'objectif n'est pas d'aboutir à un accord d'ici la fin de l'année, mais plutôt de faire adopter des "principes et lignes directrices" sur la base desquels un accord devrait être trouvé en 2005.
M. Bot a aussi indiqué qu'aucune décision n'avait encore été prise sur la date à laquelle la Constitution sera signée et l'endroit de la cérémonie de signature. Quant à la Présidence de la Commission européenne, M. Bot a rappelé qu'il était "absolument nécessaire" de trouver un candidat avant le 22 juillet. Si la Présidence irlandaise ne peut pas clôturer ce dossier, la Présidence néerlandaise reprendra, "évidemment", cette question, mais il est encore "prématuré" de spéculer sur une telle éventualité, a dit M. Bot.