Bruxelles, 23/06/2004 (Agence Europe) - Alors que Bertie Ahern poursuivait mercredi ses consultations téléphoniques avec ses collègues de l'UE, le nom de Peter Sutherland était de plus en plus cité comme possible candidat de compromis à la Présidence de la prochaine Commission européenne.
Peter Sutherland, qui a été le plus jeune ministre irlandais de la Justice, a été Commissaire européen à la concurrence de 1985 à 1989 (dans la Commission Delors). Devenu directeur général du GATT en 1993, il a accompagné sa transformation en 1995 en Organisation mondiale du Commerce (OMC), dont il a été le premier directeur général. Il est actuellement Président de la banque d'affaires Goldman Sachs International et de la compagnie pétrolière BP. M. Sutherland est un européen convaincu, comme le confirme entre autres son action, depuis six ans, en tant que président de l'Advisory Council du think-tank The European Policy Centre (The EPC), fondé à Bruxelles par Stanley Crossick et dont le président honoraire est Max Kohnstamm, premier Secrétaire général de la CECA et l'un des plus proches collaborateurs de Jean Monnet.
Peter Sutherland a reconnu que son nom avait circulé "parmi d'autres", mais il a précisé qu'il ne serait candidat que si un consensus existait au sein du Conseil européen sur son nom. "Personne ne pourrait envisager d'accepter le poste de Président de la Commission, qui est l'un des postes les plus difficiles au monde, sans une décision unanime du Conseil européen. Nous ne semblons pas encore être dans une telle situation", et " il ne serait pas très sage de ma part de spéculer sur ce que je pourrais faire à l'avenir. Je ne vais pas le faire", a commenté M.Sutherland
En avril dernier, lors de la réunion annuelle de l'Advisory Council du EPC, Peter Sutherland avait salué les avancées sur la Constitution européenne, tout en notant qu'il faudrait vérifier "ce qui peut être mis en vigueur plus tôt, et pas plus tard". A propos des référendums sur la Constitution, il avait noté que "mon petit pays s'y connaît bien dans ce type d'exercice", en reconnaissant toutefois que, en Europe, "nous avons un problème avec l'opinion publique". Nous avons besoin d'un sens de leadership venant d'ici, de Bruxelles, avait dit aussi M.Sutherland en évoquant la situation internationale.