Bruxelles, 23/06/2004 (Agence Europe) - Loyola de Palacio, la Commissaire chargée des transports, a déclaré mercredi qu'il n'y aura pas d'accord aérien conclu entre l'Union européenne et les Etats-Unis d'ici le Sommet UE/Etats-Unis du 26 juin à Dublin (pour l'ordre du jour, voir EUROPE du 22 juin, p.11). La Commissaire a confirmé ce que le Conseil Transports du 11 juin avait déjà laissé entrevoir en rejetant purement et simplement les dernières propositions américaines en la matière (EUROPE du 12 juin, p.8). Le Sommet de samedi devrait donc se borner à constater les "progrès accomplis" jusqu'à présent lors des négociations et insister sur la nécessité de poursuivre les discussions ultérieurement, a confié à EUROPE une personne proche du dossier.
"Il n'y aura pas de décision au prochain sommet. Il est tout à fait impossible d'arriver à un accord dans les deux jours", a déclaré la Commissaire de Palacio lors d'une conférence de presse, en ajoutant qu'elle poursuivra les négociations pour tenter de parvenir à un accord dans les prochaines semaines. Mme de Palacio a une nouvelle fois déploré le déséquilibre qui prévaut au sein de l'UE, où 15 Etats membres ont signé des accords "Open Skies" avec les Etats-Unis qui, bien que jugés illégaux par la Cour européenne de justice en novembre 2002, continuent à s'appliquer et confèrent à ces Etats des avantages par rapport aux dix pays qui n'ont pas conclu de tels accords. Même si la Commissaire a assuré à la presse que "je ne permettrai pas que cette situation se prolonge" et a appelé une fois de plus les Etats membres à "respecter l'arrêt de la Cour", elle tarde à demander formellement aux Etats concernés de dénoncer ces accords.
C'est l'incapacité des Américains à offrir aux compagnies aériennes européennes un accès suffisant à leur marché et à s'engager fermement à le libéraliser davantage dans une seconde phase de négociations qui a constitué le principal point d'achoppement des négociations avec les Européens. Après avoir fait des concessions majeures pour tenter d'aboutir à un accord, notamment en acceptant de renoncer au cabotage, il devenait de plus en plus difficile pour l'Union européenne d'accepter les propositions américaines très en deçà de ses attentes. Même si des contacts entre les deux parties auront encore lieu, il n'y aura aucune avancée dans le dossier avant la mise en place de la nouvelle administration américaine, après les élections présidentielles de novembre, a déclaré à EUROPE une source proche du dossier.