Bruxelles, 25/02/2004 (Agence Europe) - Dans le cadre du débat sur l'ouverture des marchés du travail des Etats membres aux travailleurs des nouveaux Etats membres à partir du 1er mai, le gouvernement autrichien a décidé de restreindre l'accès à son marché du travail pour les ressortissants de ces pays qui viendront travailler en Autriche après cette date, Malte et Chypre exceptés. Cette annonce confirme ce que l'Autriche avait fait savoir à la Commission au début du mois (voir EUROPE du 6 février, p.8). Selon cette décision, les ressortissants d'Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie devront, pour pouvoir intégrer le marché du travail autrichien, obtenir au cours des sept prochaines années un permis de travail en Autriche (cette mesure est déjà en application, note l'AFP à Vienne). Toutefois, les ressortissants qui, le 1er mai, auront travaillé en Autriche pendant un an avec un permis de travail, ne devront plus se procurer un tel permis.
Quant aux futurs Etats membres, ils se sont déclarés dans l'ensemble plutôt "soulagés" par la décision de Londres de ne pas fermer son marché du travail à leurs ressortissants à partir du 1er mai (voir EUROPE d'hier, pages 7 et 8), estimant que les restrictions annoncées par le ministre britannique de l'Intérieur David Blunkett étaient en fait "moins sévères que celles en vigueur dans la plupart des autres pays de l'UE", (selon l'AFP à Prague). En particulier, le ministre polonais des Affaires étrangères Wlodzimierz Cimoszewicz a estimé que "le système britannique est plus ouvert que les solutions adoptées par les pays de l'UE qui avaient imposé des restrictions dans l'accès au marché du travail, sans parler de ceux qui l'ont complètement fermé",. Son homologue hongrois Laszlo Kovacs a déclaré que pour la Hongrie, « c'est plus une question de principe »: ce qui compte, c'est donc « qu'il n'y ait pas d'obstacles à la libre circulation des travailleurs ». Quant à Hendrik Hololei, conseiller du gouvernement estonien, il a précisé que les restrictions britanniques ne sont pas aussi strictes que celles des pays scandinaves et a regretté que les pays qui s'étaient engagés à l'origine à ouvrir leur marché du travail "soient revenus progressivement sur leurs engagements". Selon lui, ces limitations "pourront être rapidement levées, car les employeurs de l'ensemble de l'UE ont besoin d'une main-d'oeuvre qualifiée". Le directeur de l'Institut de recherche sur le travail et les affaires sociales de Prague, Ladislav Prusa, a déclaré quant à lui à l'AFP que "ceux qui voudront travailler à l'étranger se concentreront sur les pays où ils sont les mieux accueillis".