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Bulletin Quotidien Europe N° 8653
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/liban

« franches explications » sur les aspects politiques et sur les réformes économiques. Le Liban soulève un « cas d'école » lié à l'élargissement

Bruxelles, 25/02/2004 (Agence Europe) - La 3ème session du Conseil de coopération UE-Liban, réunie le 24 février à Bruxelles sous la présidence conjointe du Secrétaire d'Etat irlandais des Affaires étrangères, Dick Roche, et du ministre libanais de l'Économie et du Commerce, Marwan Hamadé, a permis de « franches explications » aussi bien sur les aspects politiques qu'économiques de la coopération. De source libanaise, on insiste cependant à dire que la réunion - sans doute la dernière au titre de l'accord de coopération de 1977 avant l'entrée en vigueur de l'accord d'association déjà ratifié par quatre Etats membres (France, Allemagne, Irlande et Suède) et par le Liban lui-même - a été « positive à 100% » en ce qu'elle a permis de clarifier ses positions respectives.

La session, qui n'a été suivie ni de la traditionnelle conférence de presse conjointe ni n'a donné lieu à la diffusion, ensuite, de conclusions communes, a permis un échange de discours. Celui de la partie européenne a consisté à rappeler au Liban ses divers engagements politiques et économiques. De manière globale, c'est la structuration du dialogue entre Bruxelles et Beyrouth qui a fait l'objet d'échanges de vues les plus contradictoires. L'UE, qui rappelle qu'un accord intérimaire - appliquant déjà les dispositions commerciales - a été signé il y a un an, souhaite une « montée en puissance » accélérée et encadrée, d'ici l'entrée en vigueur de l'accord d'association, par un « comité de coopération ».

Pour le Liban, il n'y a pas lieu de créer de telles structures transitoires en attendant les délais qui subsistent d'ici la fin des procédures de ratification dans l'espoir, aussi, d'inciter à une mise en œuvre. Le Liban soulève en fait là un véritable « cas d'école » que la Commission européenne devra examiner sous ses angles juridiques et politiques, pour le cas libanais comme de tous les pays partenaires (Algérie par exemple, ou ailleurs, en Amérique latine) dans l'attente de l'aval des parlements nationaux de l'UE. Les autorités libanaises veulent que les Etats membres actuels pressent le mouvement et lui évitent de devoir essuyer les plâtres dans une situation institutionnelle européenne inédite, après le prochain élargissement.

Au plan politique, l'UE a rappelé au Liban que les fondements de l'association sont le respect des droits démocratiques et de la personne. Elle reconnaît les « efforts déployés » par le Liban et souhaite renforcer la « compréhension mutuelle » et envisage, pour ce faire, de conclure un plan d'action national spécifique. Elle lui annonce qu'elle suivra de près le déroulement de ses prochaines élections (en 2005) et qu'elle prêtera aussi attention aux réformes législatives en cours, notamment sur les droits de la femme. Quant à la pratique de la peine de mort, le Liban a annoncé qu'il observera un « moratoire », tout en rappelant qu'il est un pays « en guerre » (notamment dans sa lutte contre le terrorisme, qu'il veut distinguer du « droit à la résistance »). L'UE appelle par ailleurs le Liban à s'engager pleinement dans les axes définis par la « Feuille de route » du Quartette sur le Moyen-Orient, mais le ministre libanais a soutenu que « aucune feuille de route ou projet de solution (fondés) sur une approche purement sécuritaire ne peuvent aboutir s'ils ne sont pas précédés d'un projet politique ». Dans ce chapitre, le Liban met en garde contre les projets visant à favoriser « l'intégration » définitive de réfugiés palestiniens sur son territoire, un « fardeau déstabilisateur » pour le pays. Dans l'ensemble, le Liban rappelle qu'il a « la démocratie la plus ancienne du Moyen-Orient », fondée sur des équilibres institutionnels qui ne peuvent être revus qu'avec prudence.

Sur le plan économique et de la coopération, l'UE a rappelé au Liban ses engagements et projets aussi bien dans le cadre de la politique EuroMed et de « voisinage » que dans le cadre des accords bilatéraux et des adaptations à convenir dans le contexte de l'élargissement. Elle s'est félicitée de la « qualité » de la coopération avec le Liban, avec qui un Plan d'action national est en cours. Ce pays revendique, à ce titre, des « moyens financiers adéquats ». Les Quinze insistent dans ce contexte sur la nécessité que ce pays instaure la stabilité macro-économique et assume les réformes auxquelles il s'est engagé vis-à-vis de la Communauté internationale. C'est d'abord, dit le ministre libanais, une exigence interne pour un Liban qui a été « libéralisé avant la libéralisation et globalisé avant la mondialisation (et qui a lui-même) le souci d'institutionnaliser sa vocation et ses aptitudes », sans oublier que les retards seraient dus au contexte de la guerre d'Irak. M. Hamadé a détaillé l'ensemble des mesures entreprises par son pays dans cette voie, notamment l'adhésion à l'OMC et la multiplication des accords de libre-échange avec les pays voisins (et même lointains comme le Brésil). Il appelle en retour l'UE à ne pas ménager ses appuis et à étudier les obstacles réels (techniques et non tarifaires) qui empêchent le plein bénéfice de l'accès au marché européen accordé à ses produits, en particulier agricoles.

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