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Bulletin Quotidien Europe N° 8634
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/cese/culture

Le débat sur les industries culturelles a mis en exergue la faiblesse des dotations financières et la nécessité de renforcer l'espace culturel européen

Bruxelles, 29/01/2004 (Agence Europe) - A la demande de Viviane Reding, le Comité économique et social européen (CESE) a préparé un avis exploratoire sur le thème "Les industries culturelles en Europe", dont le rapporteur est le conseiller espagnol José Isaias Garcia-Caro (groupe des employeurs). Après des discussions assez animées au sein de la section compétente (Marché intérieur, production et consommateurs), le texte final approuvé en plénière le 28 janvier peut être qualifié, comme l'a souligné le syndicaliste portugais Victor Sequeira, de "résultat possible mais pas définitif".

En présentant son avis exploratoire à la plénière (voir EUROPE du 28 janvier, p.15), José Isaias Garcia-Caro a rappelé que selon la Commission européenne, les principaux défis qui se posent à ces industries sont: la concurrence extra-communautaire, la piratage lié aux nouvelles technologies, l'équilibre entre les grands et les petits opérateurs indépendants, le traitement fiscal différencié et le déficit d'expertise et de formation pour certains métiers dans ces secteurs. Comment le Comité peut-il contribuer à y remédier ?, a demandé M.Garcia-Caro. Selon lui, le CESE doit répondre à deux questions: 1) quels sont les enjeux culturels et socio-économiques qui se posent aux industries culturelles en Europe? 2) quelle contribution l'Europe peut apporter pour répondre à ces questions de façon durable? « La culture n'est pas une notion abstraite ? derrière elle, on trouve tout un tissu humain qui la rend possible (…). Il n'y a pas de culture sans créateurs, artistes, interprètes », a constaté le rapporteur, en précisant que le Comité propose de renforcer l'espace culturel européen. Quant à la définition de « industries culturelles », M.Garcia-Caro a affirmé qu'il "n'appartient pas au Comité d'en donner une définition fermée et limitée", et que cette définition doit être « plutôt générale ». Selon lui, « par son rôle privilégié de porte-parole de la société civile organisée et des partenaires économiques et sociaux, le Comité peut et doit donner un avis qui tienne compte des inquiétudes des interlocuteurs en présence et des usagers des industries culturelles ».

S'exprimant devant la plénière, Viviane Reding a présenté un bilan positif de l'action de la Commission dans le domaine de l'éducation, de la culture, des sports, en particulier dans le contexte de la CIG, de l'élargissement mais aussi en ce qui concerne le suivi de la stratégie de Lisbonne, tout en remerciant le CESE "d'être un allié de choix". Mme Reding a déploré, tout comme M.Garcia-Caro, « la faiblesse de la dotation budgétaire pour les actions de soutien à la culture et, par extension, aux industries culturelles ». « Il s'agit en effet d'une dotation trop parcimonieuse pour permettre le décollage du secteur audiovisuel en particulier, et de l'industrie de la culture en général », a souligné la Commissaire.

"Ce n'est pas le niveau des investissements qui pose problème en Europe mais bien leur qualité, un aspect qui devrait être mieux expliqué dans la communication de la Commission", a déclaré lors du débat le Belge Alfons De Vadder (employeurs) . Christoforos Koryfidis (travailleurs, Grèce) a insisté sur l'importance "d'aborder l'exercice de création de zones européennes de formation et d'apprentissage" et de « familiariser les citoyens à cette logique de l'apprentissage ». Pour Daniel Le Scornet (activités diverses, France), "la dotation budgétaire pour la culture européenne n'est pas à niveau". Selon l'administrateur des Mutuelles de France, "le Comité devrait se voir doter d'une compétence réelle en matière de culture" et se mobiliser pour une culture qui soit créée de la dimension sociale. L'Italien Paolo Braghin (employeurs) s'est dit "inquiet pour la politique audiovisuelle si la dimension industrielle et économique devait prévaloir". Gerd Wolff (activités diverses, Allemagne) a attiré l'attention sur "la fuite des cerveaux" en estimant que les mathématiques et les sciences devaient être mieux valorisées dans les programmes scolaires. Le Luxembourgeois Raymond Hencks (travailleurs) a insisté sur l'importance de l'éducation et de la sensibilisation à la culture, "laquelle a besoin d'un public". La Britannique Ann Davison (activités diverses) a demandé à Mme Reding que "soit intégrée dans l'apprentissage électronique (eLearning) la formation des parents pour combattre les dangers de l'Internet".

Répondant aux intervenants, Mme Reding a notamment précisé qu'il faudra redistribuer les enveloppes financières. J'aimerais bien avoir un peu de ce qui se dépense dans l'agriculture pour le dépenser dans l'éducation. C'est pourquoi je me bats, à propos de futures perspectives financières, pour que l'éducation ne soit pas oubliée et j'appelle le CESE à m'aider à obtenir avoir cet argent, a dit en substance la Commissaire. Quant aux nouvelles technologies, Mme Reding a déclaré "croire au networking, c'est ce que l'Europe a de mieux". Enfin, Mme Reding a annoncé la prochaine parution d'une recommandation sur les contenus nocifs pour les mineurs dans l'audiovisuel européen.

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