Bruxelles, 02/12/2003 (Agence Europe) - La Commission européenne a envoyé mardi une lettre à la Lettonie l'invitant à refuser l'accès de ses ports au pétrolier russe Geroi Sevastopolya. Comme l'a révélé lundi Reuters, ce pétrolier à simple coque, âgé de 24 ans, a été affrété par une compagnie pétrolière américaine pour transporter dans le courant de ce mois 50.000 tonnes de fioul lourd à Singapour, après avoir été appareillé en Lettonie et en empruntant la même route que celle empruntée un an auparavant par le pétrolier Prestige (voir EUROPE d'hier, p.16). Avec l'entrée en vigueur le 21 octobre dernier de la nouvelle législation européenne sur les pétroliers à simple coque, qui interdit notamment le transport de fioul lourd par de tels pétroliers, le navire russe est interdit d'entrée dans un port situé dans un Etat membre (EUROPE du 22 octobre, p.8). Par contre, rien ne l'empêche de pénétrer dans les ports de Lettonie puisque ce pays ne sera membre de l'UE qu'au 1er mai 2004. C'est pourquoi, dans sa lettre, François Lamoureux, Directeur de la DG Transport et Energie, indique aux autorités lettones qu'il souhaite être informé de "toute décision prise par vos autorités maritimes suite à une éventuelle demande pour le chargement de ce navire. A cette occasion, j'apprécierais également si vous pouviez m'informer des mesures prises pour mettre en œuvre le règlement 1726/2003 (sur les pétroliers à simple coque: NdlR) dans votre pays".
Si ce règlement n'est pas pour l'instant obligatoire pour la Lettonie, ce pays peut "très bien appliquer la loi qu'il devra de toute façon appliquer dans six mois", a expliqué mardi Gilles Gantelet, porte-parole de la Commissaire aux Transports Loyola de Palacio, en faisant état du risque représenté par ce navire qui aurait été sérieusement endommagé lors d'une collision en 2001, mais qui ne fait pas partie de la liste des navires interdits d'entrée sur le territoire européen (voir EUROPE du 20 novembre, p.16). M. Gantelet a par ailleurs indiqué que les ministres des Transports de l'UE, lors du Conseil du 5 décembre, s'entretiendront sur ce point avec leur homologue russe des transports.