Bruxelles, 17/06/2003 (Agence Europe) - L'Organisation mondiale du commerce tiendra, le week-end prochain à Charm El-Cheikh (Egypte), une mini-conférence ministérielle qui rassemblera les quelque 25 protagonistes des négociations sur l'Agenda de développement de Doha. Cette rencontre informelle - la quatrième du genre depuis le lancement du cycle en 2001 - est destinée à donner une impulsion politique aux négociations sectorielles qui achoppent dangereusement, à moins de trois mois du test clé de Cancun: agriculture, accès aux médicaments, accès au marché des biens industriels, traitement spécial et différencié, questions dites de Singapour (investissement, concurrence, facilitation des échanges, transparence des marchés publics).
Sur l'agriculture, terrain de dissension presque philosophique entre l'Union et ses "Amis de la multifonctionnalité" d'une part, Cairns et les Etats-Unis d'autre part, il est invraisemblable qu'un rapprochement se produise à Charm El-Cheikh. "Tout est suspendu pour l'instant aux discussions du Conseil sur la révision à mi-parcours de la réforme de la politique agricole commune. C'est trop tôt", admet-on du côté européen.
En revanche, sur les modalités du Traitement Spécial et Différencié promis aux pays en développement et les nombreuses difficultés qu'ils rencontrent dans la mise en oeuvre des accords existants, "on est au clair avec le contenu du paquet suggéré par M.Perez Motta". Dans le rapport qu'il vient de présenter à Genève, l'Ambassadeur mexicain responsable de ces questions, propose un plan d'actions en trois temps auquel les 146 pourraient donner leur "feu vert" à Cancun. L'OMC pourrait ainsi prendre des décisions immédiates, dès septembre, sur les demandes les moins controversées formulées par les PVD, sur les questions à renvoyer au groupe compétent pour un examen plus approfondi et sur celles, plus délicates ou parfois excessives du point de vue des pays développés (comme l'exemption des exigences sanitaires et phytosanitaires), qu'il faut encore clarifier ou négocier avant de décider des suites à leur réserver. "Il y a un peu de tout dans ces demandes. Il y en a une bonne centaine" et "nous avons là un paquet substantiel (celui proposé par M.Perez Motta) à adopter à Cancun", estime-t-on à Bruxelles, avec quelque regret de voir les discussions "rester bloquées pour des raisons tactiques très fortes, pour pouvoir dire que les pays développés ne s'intéressent pas vraiment aux pays en développement". Cela étant, l'espoir est peut être aussi, pour les pays industrialisés et pour l'OMC dans son ensemble, de dégager de cette mini-ministérielle un accord de principe, même s'il est embryonnaire, sur les modalités de négociations de la libéralisation programmée dans le secteur des biens non-agricoles (à savoir industriels), là où les velléités d'ouverture des pays de l'OCDE se heurtent essentiellement aux craintes des PVD et à leur refus subséquent d'opérer des coupes sombres dans leurs protections tarifaires.