Athènes, 17/04/2003 (Agence Europe) - Lors de la conférence de presse finale qui a suivi mercredi la cérémonie de signature du Traité d'adhésion à dix nouveaux Etats membres (voir EUROPE d'hier, pp. 3 à 6), le Président du Conseil européen, Costas Simitis, et les chefs d'Etat et de gouvernement des dix pays adhérents ont tous réaffirmé le caractère historique de l'événement. "C'est historique parce que nous accueillons les nouveaux membres tout en jetant en même temps les bases pour une nouvelle Europe, une Europe plus forte", a déclaré M. Simitis. Les pays candidats ont fait d'énormes efforts pour réaliser ce "grand rêve" et rejoindre cet espace de sécurité, de stabilité et de prospérité qui s'étendra à l'avenir sur tout le continent européen, a-t-il dit. "Mais les efforts ne s'arrêtent pas ici", a mis en garde le Premier ministre grec, car d'ici le 1 mai 2004 (et même au-delà), les futurs nouveaux membres devront poursuivre la transposition et mise en oeuvre pratique de l'acquis communautaire afin d'être entièrement prêts le jour de l'adhésion. Les Quinze, pour leur part, doivent faire avancer (ensemble avec les pays candidats) leurs réformes internes et l'élaboration d'un Traité constitutionnel, "car une Europe à 25 ne pourra évidemment pas fonctionner comme à 15". En outre, l'UE doit développer des politiques plus intégrées (dans le domaine de la politique étrangère, de sécurité et de défense, mais aussi dans d'autres domaines comme la politique régionale ou les relations futures avec les pays voisins), sans parler des négociations d'adhésion avec la Bulgarie et la Roumanie avec 2007 comme date-butoir du prochain élargissement, a souligné M. Simitis. Cette nouvelle Union doit être "une Union dans laquelle efficacité, cohésion et démocratie seront les nouveaux mots d'ordre", a-t-il insisté.
Les dirigeants des dix pays candidats (tous réunis, lors de la conférence de presse, aux côtés de M. Simitis, du président de la Commission Romano Prodi et du Commissaire Günter Verheugen) ont unanimement exprimé leur souhait d'adhérer à une Union européenne "forte" et de plus en plus capable de jouer un rôle déterminant sur la scène internationale. Ils ont aussi annoncé leur intention de participer pleinement à l'intégration européenne et au développement et à l'approfondissement de l'UE élargie. "La Hongrie est intéressée à faire partie d'une Europe forte et performante, et nous allons faire tout ce qui est dans notre pouvoir pour que cette réunification soit profonde, soit complète et que l'Europe gagne sur le plan mondial", a déclaré Peter Medgyessy, le Premier ministre hongrois. Vaclav Klaus, le président de la République tchèque, a assuré que son pays était parfaitement conscient des nouvelles responsabilités, et que "nous sommes prêts à assumer ces responsabilités nouvelles et à devenir un pays membre fiable". Nombreux ont été ceux qui ont souligné l'importance de maintenir les diversités culturelles et les identités nationales, et de respecter le principe de l'égalité entre "petits" et "grands" Etats membres. "La Lettonie est heureuse de se joindre à une Union dans laquelle chaque Etat membre est souverain et a des droits égaux, qu'il soit petit ou grand", a dit la présidente lettonne Vike-Freiberga. "L'adhésion crée des nouvelles opportunités pour nous, mais elle permettra en même temps de sauvegarder notre identité, notre culture nationale, qui est finalement notre objectif", a affirmé le président d'Estonie, Arnold Rüütel.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a tenu à remercier le Commissaire Verheugen pour son "engagement personnel" en faveur de la réussite de cet élargissement, "qui était l'objectif le plus important et le plus ambitieux de cette Commission". Maintenant, que le Traité d'adhésion est signé, la Commission se tournera davantage vers les deux autres candidats en voie de négociation (Bulgarie et Roumanie) et la Turquie, et oeuvrera pour mettre un terme à la "dernière tragédie de l'Europe, les Balkans", a dit M.Prodi. Les pays de l'Europe du Sud-Est ont une vocation européenne indéniable et ont la perspective d'adhérer un jour à l'UE, a-t-il affirmé, en ajoutant: "Ensemble, nous allons parcourir ce chemin". Les relations avec les futurs pays voisins qui ne veulent ou ne peuvent pas devenir membres constituent également un "grand défi" pour l'UE élargie, mais la Commission travaillera en faveur de relations permettant de "partager tout avec ces pays, sauf nos institutions". Günter Verheugen, visiblement heureux de l'aboutissement de plusieurs années d'intense travail, a estimé que c'était l'élargissement "le mieux préparé de toute l'histoire de l'Union". Maintenant, l'UE doit accomplir les réformes institutionnelles nécessaires, "des réformes qui ne trouvent pas leur cause dans l'élargissement, car elles sont de toute façon indispensables, mais des réformes que l'élargissement rend plus urgentes", a insisté M. Verheugen, qui s'est dit confiant que les nouveaux membres "appuieront l'approfondissement de l'intégration européenne". La date du 1er mai 2004 pour l'entrée en vigueur du Traité d'adhésion pourra sans aucun doute être respectée, a estimé M. Verheugen, "car je ne vois aucun problème de ratification dans les actuels Etats membres", ni dans les référendums dans les pays candidats (pour lesquels le Commissaire s'attend à des résultats proches de ceux obtenus en Slovénie (- 90%) - et Hongrie (- 84%). Quant à la Bulgarie et la Roumanie, l'objectif de la Commission est d'achever les négociations d'adhésion avec elles avant l'expiration de son mandat, donc avant le 1er novembre 2004. Ceci est possible, "à condition que les deux pays entreprennent des efforts considérables", a dit M. Verheugen.