Bruxelles, 17/04/2003 (Agence Europe) - Le Réseau européen des associations de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (EAPN) a publié le 16 avril sa première contribution au débat sur les relations entre l'emploi et la protection sociale, et en particulier sur la question dite "making work pay". Ce débat sera au coeur du rapport que la Commission a été invitée à préparer pour le Conseil européen de printemps 2004. La contribution de l'EAPN est en fait une réponse au document publié le 4 novembre dernier par le Comité de Protection sociale et intitulé "Enjeux fondamentaux de la protection sociale et de l'emploi". Un document qui rejoint certaines des préoccupations du Réseau (notamment, un haut niveau de protection sociale comme but en lui-même, au même titre que l'objectif d'un haut niveau d'emploi), mais qui semble par endroits en contradiction avec la stratégie européenne sur l'inclusion. Ainsi, explique l'EAPN dans son communiqué, le Comité de Protection sociale: 1) semble introduire une hiérarchie entre la croissance économique et la protection sociale, mettant cette dernière au service des besoins de l'économie. Pour l'EAPN, au contraire, l'inclusion est l'objectif premier et prioritaire; 2) ne prend pas assez en considération le constat que la plupart des personnes en situation de pauvreté ont la volonté de travailler, même si l'amélioration de leur situation susceptible d'en découler est marginale; 3) ne reconnaît pas que le retour à l'emploi n'est pas envisageable pour certaines personnes et que la société doit trouver une autre manière de garantir l'inclusion. De plus, alors que la question du financement des services publics est posée par le Comité de protection sociale, l'EAPN s'inquiète de l'hypothèse de privatisation qui est soulevée et qui lui fait craindre le développement d'un service public à deux vitesses et une réduction de l'accès aux services et de leur qualité.
Dès lors, l'EAPN fait les recommandations suivantes: 1) proposer aux personnes disposant de faibles revenus une prise en charge gratuite et de qualité des enfants et des personnes dépendantes; 2) mieux adapter les systèmes de protection sociale aux besoins des travailleurs à temps partiel, et les rendre plus accessibles aux travailleurs irréguliers; 3) définir les mécanismes de partage de la richesse à partir de ce dont les personnes ont besoin pour vivre dans la dignité plutôt qu'en fonction des besoins changeants de la sphère économique; 4) prendre en compte le travail en cours à la Commission européenne sur les coûts de l'absence de l'Europe sociale.