Bruxelles, 17/04/2003 (Agence Europe) - Stimulée par la confiance que lui ont accordée les président et premier ministre français Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin lors de la présentation de sa politique spatiale en Conseil des ministres (voir EUROPE du 16 avril, p. 11), la ministre déléguée à la recherche Claudie Haigneré a précisé sa stratégie devant la presse, mardi dernier. Elle a indiqué en substance que, pour sortir le secteur spatial de la crise, il était nécessaire de lui donner un nouvel élan financier, institutionnel et structurel au niveau européen pour garantir l'indépendance du continent dans l'accès à l'espace. "Notre travail est maintenant de porter ce message à nos partenaires européens", a-t-elle déclaré, soulignant l'importance stratégique de l'espace et de l'accès à l'information face à la domination américaine du secteur. "Seule l'Europe dans son ensemble peut être apte à résister au risque hégémonique", a-t-elle aussi estimé, précisant que "l'ensemble des acteurs européens devront (par conséquent) engager, collectivement et dans les meilleurs délais, l'adaptation nécessaire de leur outil industriel".
Une réunion interministérielle a eu lieu la semaine dernière à Paris sur la place de la France dans la politique spatiale européenne et un Conseil restreint s'y réunira en mai autour du même sujet, avant la réunion des ministres des Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui devrait finaliser l'accord cadre entre l'UE et l'ESA. A cet égard, Mme Haigneré a souligné qu'il faut "passer à une autre étape au niveau européen de cette politique spatiale (...) qui a été intergouvernementale et que nous souhaitons porter au niveau de l'Union européenne". Pour mettre sur pied un "scénario de sortie de crise", il faut aussi, selon elle, passer par la restructuration du secteur "lanceur". "C'est l'ESA qui sera le maître d'ouvrage, par la signature d'un contrat unique avec un industriel", a-t-elle annoncé, précisant qu'un calendrier concernant cette démarche sera présenté fin mai.