Bruxelles, 15/04/2003 (Agence Europe) - La commission des droits de la femme du Parlement européen examinera lors de sa réunion des 23 et 24 avril le projet de rapport de la sociale-démocrate allemande Karin Jöns sur le cancer du sein. Mme Jöns propose au Parlement d'inviter les Etats membres à s'assigner pour objectif de créer, d'ici à 2008, les conditions nécessaires pour réduire de 25% le taux de mortalité moyen lié au cancer du sein et ramener à 5% les disparités qui caractérisent le taux de survie à cinq ans d'un Etat membre à l'autre.
Le projet de rapport stigmatise le fait que les orientations européennes pour une assurance de qualité en ce qui concerne la mammographie n'ont conduit que dans huit Etats sur quinze à l'instauration de programmes universels de dépistage. Il invite dès lors les Etats membres à proposer dans les meilleurs délais à toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans, tous les deux ans, une mammographie conforme aux orientations européennes (avec pour objectif un taux de participation de 70%). Ces dépistages devraient avoir lieu dans des centres spécialisés et pluridisciplinaires. Chaque mammogramme devrait être analysé indépendamment par deux radiologues pratiquant au moins 5000 lectures par an. Le rapport demande aussi que toute femme victime du cancer du sein ait le droit d'être soignée par une équipe pluridisciplinaire. Il invite les Etats membres à mettre sur pied des réseaux de centres pluridisciplinaires répondant à des normes de qualité: chaque centre devrait pratiquer au moins 150 interventions chirurgicales par an à la suite d'un premier diagnostic, et l'équipe pluridisciplinaire devrait comprendre des chirurgiens spécialisés dans ce type d'intervention, des radiologues, oncologues, des médecins et du personnel soignant spécialisés. En outre, Mme Jöris suggère les mesures suivantes: - tenue d'une conférence pluridisciplinaire hebdomadaire ; - travaux de recherche clinique ; - formation continue pour les médecins et le personnel soignant ; - possibilités d'accompagnement psychologique et de soins de kinésithérapie pour les patientes.
Le rapport demande encore aux Etats membres de s'assurer que: (1) chaque femme soit informée du résultat de l'examen ou de la mammographie dans un délai de cinq jours ouvrables et que la femme chez laquelle un cancer du sein a été diagnostiqué soit soignée dans un délai inférieur à quatre semaines après le diagnostic ; (2) lorsque cela se justifie du point de vue médical, la femme ait la possibilité de bénéficier d'une intervention conservatrice, pour réduire le nombre de mastectomies superflues et que, dans la mesure du possible, le sein fasse l'objet d'une reconstruction autoplastique ; (3) avant une intervention, la femme bénéficie d'un diagnostic sûr, passant notamment par une biopsie peu invasive ; (4) les porteuses d'implants se voient remettre un document indiquant les particularités de l'implant et les soins postopératoires nécessaires. La Commission est invitée à poursuivre, dans le cadre du programme d'action dans le domaine de la santé publique (2003-2008), le soutien accordé aux projets novateurs, notamment le Réseau européen du cancer du sein, le Réseau des registres du cancer et le Réseau d'enquête prospective sur le cancer et l'alimentation (EPIC), issus du programme “L'Europe contre le cancer”. Le rapport demande aussi aux directions générales de la santé, de la recherche et de la société de l'information de créer un site Internet commun consacré au cancer. La Commission est invitée à organiser à la fin de 2003 une conférence pour dresser le bilan du programme “L'Europe contre le cancer”.
Dans son exposé des motifs, Mme Jöns rappelle que le cancer du sein a touché, en 2000, 216 000 femmes dans l'Union européenne et que plus de 79 000 en sont mortes (données OMS). Le cancer du sein est la cause de décès la plus fréquente chez les femmes entre 35 et 55 ans. A l'heure actuelle, l'organisation et la mise en oeuvre des programmes de dépistage nationaux présentent des divergences notables. Seuls huit des quinze Etats de l'Union (Belgique, Finlande, France, Royaume-Uni, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Suède) disposent d'un tel programme. En Italie, Autriche et Espagne, il n'existe que des programmes régionaux. Des programmes nationaux viennent d'être lancés au Danemark et au Portugal mais ils n'assurent pas encore une couverture universelle. L'Allemagne et la Grèce en sont au stade des projets pilotes.