Bruxelles, 15/04/2003 (Agence Europe) - Le 14 avril, la Présidence grecque a fait, au nom de l'Union européenne, conjointement avec les Etats-Unis, la déclaration suivante:
"La communauté internationale constate que la pratique, particulièrement inquiétante, de l'enrôlement de force de réfugiés et d'autres civils pour participer aux conflits civils au Liberia et en Côte d'Ivoire se répand de plus en plus. De nombreux civils ont été enrôlés de force par certains acteurs impliqués dans les conflits, tant au Liberia qu'en Côte d'Ivoire, pour combattre dans ces conflits civils. Les Etats-Unis et l'UE déplorent que des réfugiés et d'autres civils soient enrôlés de force pour participer à ces conflits meurtriers, destructeurs et absurdes. L'enrôlement de force de civils complique et aggrave encore la situation instable que connaissent tant le Liberia que d'autres pays de la région où sévissent des conflits. L'enrôlement forcé de réfugiés et d'autres civils compromet la neutralité, le statut de non-combattants et la sécurité de communautés entières de réfugiés et de civils. Si beaucoup de recrues sont souvent des hommes jeunes, les filles et les femmes se trouvent aussi réduites à l'état de servitude. Nous notons aussi en particulier que des enfants sont enrôlés de force ou volontairement dans le conflit, et déplorons cet état de fait. La pratique de l'enrôlement forcé accroît aussi le danger qui pèse sur les travailleurs humanitaires dans la région, danger que le meurtre récent de trois employés de l'Adventist Deployment and Relief Agency (ADRA), ainsi que de quatre volontaires de la Croix-Rouge ivoirienne, n'a rendu que trop évident. Les Etats-Unis et l'UE déplorent ces pertes de vies humaines et jugent inacceptable que des travailleurs humanitaires soient pris pour cibles. Les gouvernements et les factions rebelles qui recourent à différentes formes de contraintes pour enrôler des réfugiés et d'autres civils, y compris des enfants, agissent en violation du droit international.
Les Etats-Unis et l'Union européenne: a) condamnent ces pratiques; b) demandent aux parties impliquées dans l'enrôlement de force au Liberia et en Côte d'Ivoire de mettre immédiatement un terme à cette pratique; c) soulignent que les auteurs de tels actes en portent la responsabilité pénale.
Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie, pays adhérents, la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie, pays associés, ainsi que l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, se rallient à cette déclaration."