Bruxelles, 07/02/2003 (Agence Europe) - Après le débat du Conseil de sécurité sur l'Irak, le ministre belge des Affaires étrangères Louis Michel a écrit au Président du Conseil de l'UE, Georges Papandreou, pour lui demander de convoquer, après la présentation du deuxième rapport Blix (attendue pour le 14 février), un Conseil de l'Union européenne auquel devraient participer aussi les ministres des Affaires étrangères des pays candidats (y compris la Turquie) et aussi de certains pays de la région. Un communiqué précise que M. Michel est actuellement en contact avec Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe, "dont la réflexion sur la question irakienne pourrait être associée à celle de l'Union européenne". Sur une situation aussi sensible, l'UE devrait pouvoir "prendre une initiative en son nom propre", affirme, selon le communiqué, M. Michel, en souhaitant une approche commune sur un dossier où, selon lui, l'Europe peut faire la différence. (Voir dans EUROPE du 6 février, p.5, les propos de Georges Papandreou sur la possibilité d'une initiative conjointe de l'UE et des pays arabes).
Pat Cox pour un sommet spécial sur l'Irak
"Au moment même où la Convention européenne vient de publier son premier projet substantiel (voir EUROPE d'hier, pages 5 à 7), dans la réalité, la conduite des relations étrangères de l'UE au plus haut niveau politique trahit un contraste dramatique entre grandes aspirations, capacités limitées et volonté politique totalement inadéquate", a commenté le Président du Parlement européen Pat Cox. Et, en incitant l'UE à n'épargner aucun effort pour parvenir à une position commune, "même dans cette étape ultime" de la crise irakienne, il affirme: "Pour cette raison, j'ai souhaité une rencontre spéciale du Conseil européen sur l'Irak".
Une guerre en Irak provoquerait une catastrophe humanitaire, avertit par ailleurs le vert belge Paul Lannoye, qui conduisait la délégation des Verts/ALE du PE qui vient de visiter Bagdad (ainsi que des membres d'autres groupes politiques: voir dans EUROPE d'hier, p.7, les commentaires du Président de la GUE/NGL Francis Wurtz). Le parlementaire européen, qui a indiqué que la délégation avait voulu se rendre compte sur place de la situation humanitaire en rencontrant la population, les ONG et des agences de l'ONU, a dénoncé les effets des sanctions contre l'Irak: pénurie alimentaire, malnutrition des enfants, et aussi problèmes de santé, surtout dans le Sud, où se multiplient "les malformations congénitales et la leucémie chez les enfants". Il faut mettre fin aux sanctions, demande-t-il, en notant que le programme "Pétrole contre nourriture" est trop limité, "entrave la production locale et ne satisfait pas les réels besoins de la population".