Strasbourg, 13/01/2003 (Agence Europe) - La députée socialiste française Marie-Arlette Carlotti, rapporteur au Parlement européen sur la communication de la Commission concernant les rapports annuels 2000 et 2001 d'Echo (l'Office d'aide humanitaire de la Communauté), invite la plénière à suivre ses recommandations lorsqu'elle se prononcera, mardi, à ce sujet.
Ce rapport, adopté à l'unanimité par la commission parlementaire de la coopération au développement, dresse un bilan positif des activités d'Echo, compte tenu de l'efficacité des opérations financées en dépit des contraintes: grâce à 491,7 millions alloués en 2000 et à 543,7 millions en 2001, 118 millions de personnes ont été secourues chaque année dans plus de 60 pays, via l'intervention sur le terrain de 208 partenaires d'Echo (ONG, CICR, agences des Nations unies, en particulier le HCR et le PAM). Pour autant, Madame Carlotti juge que l'effort financier n'est pas à la hauteur des enjeux puisque, pour répondre aux crises humanitaires en augmentation croissante - qu'il s'agisse de catastrophes naturelles ou de crise d'origine humaine - Echo a dû recourir systématiquement à la réserve pour compenser la faiblesse du budget dont il dispose pour l'aide d'urgence. Partant, le rapporteur recommande une augmentation conséquente du budget initial d'Echo dans les prochains exercices budgétaires, pour atteindre un montant de 500 à 550 millions d'euros, ce qui permettra de recourir à la réserve à titre exceptionnel et ponctuel, comme il se doit, au lieu de considérer cette réserve comme une « seconde tranche budgétaire ».
Conformément au recentrage et à la clarification du mandat d'Echo opérés en avril 2001, le rapporteur encourage l'Office à poursuivre ses efforts pour se concentrer davantage sur son mandat de base, à savoir la fourniture d'aide d'urgence visant à sauver immédiatement des vies. Le rapporteur se félicite de la décision de juin 2001 instaurant une procédure accélérée dite de première urgence qui permet de financer des projets dans un délai de 24 à 72 heures, et invite Echo à consolider cette démarche en accélérant la réforme des contrats cadre de partenariat entre Echo et les ONG. Satisfaite également de la nouvelle méthodologie adoptée en 2001 pour favoriser une meilleure prise en compte des “crises oubliées”, elle demande que celle-ci soit rendue rapidement opérationnelle.
Le rapport appelle aussi de ses voeux le renforcement de la coordination avec les partenaires d'Echo et demande à la Commission européenne d'instaurer dès 2003 des relations de partenariat améliorées entre Echo et les organisation internationales, à l'instar de ce qui existe déjà entre Echo et les ONG.
Pour assurer la traçabilité de l'aide humanitaire et empêcher ainsi les détournements de l'aide ou sa saisie par des groupes armés, voire des autorités corrompues, la session plénière est invitée à demander qu'à moyen terme, chaque partenaire par lequel transite l'aide d'urgence fasse l'objet d'un audit de fonctionnement tous les 3 à 4 ans maximum.
Considérant les plans d'action pour la préparation au catastrophes (Dipecho) comme prioritaires, les membres de la commission parlementaire déplorent le manque de ressources affectées à la prévention, la préparation et la réduction du risque (en 2001, Dipecho a dépensé seulement 1,5% du budget total d'Echo). Aussi, demandent-ils que d'ici à 2005 la part des dépenses allouées à cette fin atteigne 5% du budget.
Le rapport demande en outre que:
chaque année, les actions et la stratégie d'Echo soient présentées devant la commission parlementaire du développement et de la coopération ;
à l'avenir le Parlement se prononce sur les activités d'Echo avant l'été sur la base d'un bilan annuel publié au 31 mars par Echo ;
la Commission propose l'organisation en 2003 d'un événement conjoint Parlement/Echo pour sensibiliser la jeunesse européenne à l'action humanitaire et maximiser l'efficacité d'Echo ;
le Conseil et les Etats membres contribuent à promouvoir la visibilité de la politique humanitaire de l'Union et de l'action d'Echo en faisant apparaître systématiquement l'aide cumulée des Etats membres et de la Communauté dans les statistiques européennes et internationales.