Strasbourg, 23/12/2002 (Agence Europe) - En suivant son rapporteur, la Grecque Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (Nea Demokratia), le Parlement européen a adopté le 19 décembre une résolution sur le sixième rapport annuel de la Commission européenne sur l'égalité des chances entre hommes et femmes dans l'Union européenne. Il félicite la Commission pour ses efforts, mais regrette l'encouragement insuffisant à la participation des femmes aux appels à candidatures au sein de la Commission elle-même, ainsi que l'absence d'un organe compétent pour le « mainstreaming » au sein du Conseil. Quant au programme d'action en faveur de l'égalité pour 2001-2005, le Parlement se réjouit du fait que l'égalité salariale ait été retenue comme thème prioritaire pour 2001, mais estime qu'une nouvelle directive doit être présentée, pour renforcer la directive de l975: en effet, dans la réalité, les inégalités persistent. Le PE se prononce également sur les priorités pour 2002 (conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée, en demandant des statistiques ventilées par sexes et des indicateurs communs) et pour 2003 (participation des femmes à la prise de décision, pour laquelle le Parlement demande de nouveaux mécanismes, y compris le recours aux quotas). En ce qui concerne l'évolution de la législation, le PE invite la Commission à présenter à très bref délai des adaptations des directives en vigueur en matière d'égalité, et l'extension des compétences du Médiateur européen, notamment pour protéger les droits des femmes en cas de mauvaise administration dans le cadre d'institutions ou d'organismes communautaires. L'élargissement pose un nouveau défi, et le PE insiste sur la répression du trafic d'êtres humains ; sans oublier une meilleure politique d'intégration de l'égalité des chances dans la politique de la coopération au développement et dans la coopération euro-méditerranéenne, pour encourager la coopération entre les femmes des pays européens et des pays partenaires.
Au cours du débat, Rodi Kratsa a été très critique vis-à-vis de la Commission: elle nous a présenté un rapport de routine et aucun calendrier pour l'avenir, a-t-elle regretté, tout en ajoutant: en 2003, la Commission peut, si elle le veut, faire preuve d'audace, notamment au moment de la révision à mi-parcours des fonds structurels, en particulier pour assurer que les fonds destinés aux femmes ne sont pas canalisés dans d'autres directions. La Commission se sent encouragée même par des remarques critiques, a répliqué la Commissaire Michaele Schreyer, en précisant que, en 2003, l'évaluation sur la mise en oeuvre de l'égalité se fera par le biais de deux méthodes complémentaires, un « gender score board » et une évaluation de la part d'experts extérieurs. La Commission fera rapport fin 2003 sur les résultats. En 2004, le thème prioritaire sera la lutte contre les clichés négatifs sur les femmes, qui restent un obstacle important à l'égalité des chances: ces clichés doivent devenir, a dit Mme Schreyer, « une ridicule relique du passé ». La violence contre les femmes, notamment dans le contexte du trafic d'êtres humains, a fait l'objet d'une décision du Conseil: la Commission surveillera la transposition de cette décision dans chaque pays membre.
Lors du bref débat, la présidente de la commission des droits de la femme, l'élue du Pasok Anna Karamanou, a regretté en particulier que la Convention européenne semble apparemment, à ce stade, considérer superflue une référence explicite à l'égalité entre femmes et hommes dans le traité. La sociale-démocrate allemande Lissy Gröner s'est exprimée dans le même sens et a aussi déploré que le Parlement européen soit en fait en retard par rapport à la Commission européenne en matière d'égalité parmi ses fonctionnaires.