Bruxelles, 09/10/2002 (Agence Europe) - En visite vendredi dernier en Espagne pour expliquer ses propositions de révision à mi-parcours de la politique agricole commune (PAC), le Commissaire Franz Fischler a rappelé que si « nous ne réformons pas maintenant en attendant les discussions sur le financement communautaire après 2007, le budget agricole risque fort d'être le premier à devoir être amputé ». Il a averti aussi que si l'UE ne passait pas à l'offensive dans les négociations de l'OMC en prônant une politique agricole « moins génératrice de distorsions commerciales », la Communauté pourrait s'exposer, à la fin du cycle de négociations de Doha en 2004, « à de douloureuses réductions de ses paiements directs si controversés et, surtout, sans compensation pour nos agriculteurs ».
Pour justifier le recours à la modulation des aides directes (qui d'ailleurs ne s'appliquerait qu'à 20% des agriculteurs espagnols, qui reçoivent plus de 5.000 euros d'aides directes par an), M. Fischler a expliqué que l'Espagne recevra plus d'argent au titre de la nouvelle politique de développement rural grâce à l'augmentation prévue du cofinancement communautaire et à la prise en compte, dans la répartition des fonds, des critères de cohésion. Il a précisé que le découplage des paiements directs par rapport à la production donnait aux agriculteurs la possibilité de produire ce qu'ils sont en mesure de vendre: « je ne crois pas que les agriculteurs arrêteront pour autant leur production et qu'ils renonceront spontanément à ce supplément de revenu assuré par le marché. Ils continueront du reste à bénéficier d'une aide forfaitaire au revenu aussi importante que par le passé; de plus, le nouveau système sera sensiblement moins bureaucratique », a-t-il ainsi fait valoir (voir EUROPE des 7/8 octobre, p.14, au sujet des visites au Portugal et en Grèce).