Bruxelles, 06/09/2002 (Agence Europe) - Comme prévu, la Commission européenne a publié le 6 septembre son rapport annuel 2002 sur l'emploi qui insiste sur l'importance, pour concrétiser les objectifs du Sommet de Lisbonne, d'investir dans les ressources humaines, de réduire les différences entre les régions de l'UE et entre les hommes et les femmes, et d'assurer un emploi de qualité, tant dans les pays de l'UE que dans les pays candidats (voir EUROPE du 5 septembre, p.13). Une Europe élargie ayant "un fort potentiel d'emplois et une croissance forte est un objectif réaliste et accessible", a commenté la Commissaire Anna Diamantoupoulou. Mais, a-t-elle ajouté, "nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Si nous ne développons pas les ressources humaines dans des régions en difficulté en investissant dans le travail des femmes et des travailleurs âgés, nous risquons de rater les objectifs de Lisbonne".
Il ressort principalement du rapport 2002 que: - la situation actuelle de l'UE en matière d'économie et d'emploi reste incertaine, avec des taux de chômage qui ont atteint 7,7% en juin 2002; - l'Europe est actuellement mieux en mesure de faire face à un ralentissement de l'économie: en 2001, lorsque la croissance économique avait baissé à 1,6% du PNB (contre 3,4% en 2000), et avait même été négative au 4ème trimestre, l'emploi a quand même poursuivi sa hausse de 1,2% (soit l'équivalent de plus de 2 millions d'emplois), par rapport à 1,8% en 2000; - le ralentissement a surtout touché le secteur industriel; - la croissance de l'emploi a été plus forte parmi les femmes: 60% des nouveaux emplois créés dans l'UE (soit 1,3 million d'emplois) ont été attribués à des femmes, portant ainsi leur taux d'emploi de 54% en 2000 à 54,9% en 2001 (avec un objectif intermédiaire de 57% pour 2005 et de plus de 60% pour 2010); - la croissance de l'emploi a également été plus forte dans le secteur des emplois à temps plein, ce qui a été le cas pour 75% d'entre eux; - par contre, la création d'emplois a été moins forte pour les personnes âgées: seule exception, la Finlande où le taux d'emploi des personnes âgées continue à augmenter pour se situer à 45,7% en 2001 (contre 42% en 2000 et 39% en 1999). Au niveau de l'UE, le taux d'emploi des personnes de 55 à 64 ans s'est situé à 38,5% en 2001 (contre 37,8% en 2000) comparé à l'objectif de 50% pour 2010. Pour y arriver, il faudra réformer les systèmes d'imposition et des pensions, faciliter l'accès à l'apprentissage tout au long de la vie et changer les mentalités tant du côté des employeurs que des travailleurs.
En outre, le rapport note que la qualité du travail va de pair avec la productivité et la performance au travail et que les politiques qui visent à améliorer la qualité du travail peuvent contribuer à accroître le nombre d'emplois. Le rapport précise qu'actuellement un quart des emplois à plein temps et plus de deux tiers des emplois à temps partiel sont de moindre qualité (emplois mal payés, de faible productivité et n'offrant aucune sécurité et aucune possibilité de poursuivre une formation ou d'avancer dans la carrière). La possibilité de se former et un équilibre entre flexibilité et sécurité sont essentiels pour aider les personnes ayant un emploi de qualité inférieure, y compris à obtenir un emploi stable, renforçant ainsi leur intégration sur le marché du travail.
Sur les marchés du travail européens subsistent toutefois de nombreux déséquilibres, notamment en ce qui concerne les hommes et les femmes, les compétences, les régions. Ainsi, à propos des différences salariales entre hommes et femmes dans l'UE, le rapport indique que les femmes sont payées en général 16% de moins que les hommes (11% dans le secteur public et 24% dans le privé), et précise que ce fossé salarial passe de moins 10% au Portugal, en Italie et en Belgique à plus de 20% aux Pays-Bas, en Autriche et au Royaume-Uni. Ceci s'explique par les situations suivantes: - discrimination sur la base du sexe par secteur et type de travail, avec une forte concentration de femmes dans les domaines moins bien payés; - peu de responsabilités de haut niveau pour les femmes; - interruptions plus fréquentes et prolongées de la carrière des femmes.
Quant aux disparités régionales en matière d'emplois et de revenus, elles devraient s'aggraver avec l'arrivée dans l'UE des premiers pays candidats en 2004, ramenant le taux d'emplois global d'une Union élargie à environ 1,5%. D'où l'importance accrue de concrétiser rapidement les objectifs de Lisbonne.
Enfin, il s'avère (selon une enquête de l'Eurobaromètre de juin 2002) que les jeunes européens accordent la plus haute importance à l'égalité, la solidarité et l'inclusion sociale, et que quatre jeunes sur cinq estiment que la lutte contre le chômage, l'exclusion sociale et la pauvreté doivent être des thèmes prioritaires des travaux de la Convention européenne. (Pour les détails du rapport, voir le site http: //europa.eu.int/comm/dgs/ employment_social/key_en.htm).