Elseneur, 02/09/2002 (Agence Europe) - Lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, vendredi à Elseneur, au Danemark, les Quinze ont réaffirmé leur intention d'accélérer les travaux pour boucler les négociations d'élargissement de l'Union européenne à la fin de l'année.
"Nous avons confirmé le calendrier et les trois étapes à remplir d'ici au Conseil européen de Copenhague", a indiqué le président du Conseil, Per Stig Moeller, en rappelant les échéances: 1) boucler les questions non budgétaires fin septembre ; 2) trouver un accord entre les Quinze sur les questions budgétaires entre septembre et octobre (la Commission devra présenter une proposition sur le paquet financier fin septembre et en préciser les détails début novembre) ; 3) négocier sur ces questions avec les pays candidats entre novembre et décembre. La Commission présentera le 16 octobre les rapports sur les progrès réalisés par les pays candidats, qui permettront au Conseil européen de Bruxelles (les 24 et 25 octobre) de déterminer quels sont les pays qui seront effectivement prêts pour le Sommet de Copenhague (12 et 13 décembre), a-t-il rappelé. "Il est important que les Etats membres aient réaffirmé leur volonté de s'en tenir aux décisions prises," a estimé le Commissaire Günter Verheugen, en assurant que "les discussions ont montré qu'il n'y aura pas d'obstacles nouveaux".
Balayant les craintes à l'égard des retards que pourraient prendre les discussions sur l'agriculture et le financement de l'élargissement, Per Stig Moeller a assuré que, durant la réunion, il n'avait « entendu personne dire qu'il n'y aurait pas d'élargissement en décembre".
Le ministre français Dominique de Villepin a souligné lui aussi la volonté des Quinze que les "aspects techniques n'occultent pas la dimension politique du processus, à quatre mois de l'échéance". Interrogé sur les assurances que l'Allemagne et les Pays-Bas souhaiteraient obtenir en matière agricole, il a remarqué que "Nous refusons tout lien entre les échéances de l'élargissement et d'autres dossiers, comme la réforme de la politique agricole commune". "Nous ne voulons pas mêler d'autres négociations qui en leur temps feront l'objet de discussions sérieuses", a-t-il ajouté.
Roumanie et Bulgarie: Les ministres des Affaires étrangères ont confirmé par ailleurs leur volonté de maintenir la Roumanie et la Bulgarie à bord. "Nous avons décidé de leur indiquer clairement que la porte reste ouverte pour eux ", a indiqué Per Stig Moeller. La Commission proposera de nouveaux instruments pour leur permettre de rattraper leur retard aussitôt que possible, a précisé M. Verheugen en soulignant que "le message doit être incitatif, mais aussi crédible et réaliste que possible".
Turquie: Le discours a été plus prudent à propos de la Turquie, dont les perspectives politiques et économiques ont fait l'objet d'une longue discussion. M. Moeller a salué les "progrès accomplis à la faveur des réformes adoptées cet été" par le parlement turc, notamment à propos de l'abolition de la peine de mort en temps de paix et des droits des Kurdes. "La stratégie d'Helsinki a fonctionné et la Turquie a commencé à bouger. Il y a eu une évolution positive depuis quatre ans", a déclaré M. Verheugen, en insistant afin que les décisions prises soient traduites dans une législation dérivée et appliquées dans les faits. "Nous voulons constater que le respect des droits de l'homme constitue une réalité dans la vie quotidienne", a-t-il affirmé. M. Verheugen a indiqué que le rapport sur la Turquie que la Commission présentera le 16 octobre tiendra compte du contexte politique en Turquie et de la perspective des élections qui se tiendront le 3 novembre dans ce pays. "Nous ne voulons pas interférer dans les élections turques", a remarqué Per Stig Moeller.
Slovaquie: les ministres ont évoqué la perspective des prochaines élections en Slovaquie. "L'objectif est d'obtenir une large participation aux élections en Slovaquie pour que la majorité qui sortira des urnes soit en mesure de mener le pays", a remarqué Günter Verheugen. Il a espéré que la Slovaquie fera partie des pays prêts pour l'adhésion, tout en rappelant que "les critères doivent être entièrement remplis en décembre".
"Nouveaux voisins": les ministres ont examiné rapidement le rapport présenté par le Haut Représentant Javier Solana et le Commissaire Chris Patten, sur l'avenir des relations avec les nouveaux voisins de l'UE dans l'Europe élargie. Le rapport d'analyse suggère en particulier la conclusion de nouveaux accords de "proximité" ou de "voisinage", avec l'Ukraine dans un premier temps, la Bulgarie et la Biélorussie dans un second temps, en fonction de la situation politique de ces deux Etats (voir EUROPE du 31 août, p.4). L'objectif est "d'améliorer notre coopération avec l'Ukraine", a indiqué Per Stig Moeller. A terme, "nous devrons définir quelle sera notre politique à l'égard de pays qui ne sont pas candidats mais font partie de l'Europe au sens large", a précisé Javier Solana.