Elseneur/Bruxelles, 02/09/2002 (Agence Europe) - Le président du Conseil de l'UE, Per Stig Moeller, a entamé lundi une tournée au Proche-Orient au cours de laquelle il entend présenter la "feuille de route" européenne pour la paix dans la région. Il se rendait lundi en Arabie Saoudite et mardi en Egypte. Il devait ensuite rencontrer le premier ministre israélien, Ariel Sharon, et le président de l'autorité palestinienne, Yasser Arafat.
La "feuille de route" a été entérinée samedi par les ministres des Affaires étrangères européens, lors de la réunion informelle "Gymnich" à Elseneur. Elle complète les propositions du président Bush en vue de la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005, et devrait être présentée comme la position européenne le 16 septembre, lors de la réunion du Quartette sur le Proche-Orient avec les Etats-Unis, la Russie et le Secrétaire général des Nations Unies.
Cette "feuille de route" prévoit trois étapes d'ici à 2005: 1) dans une première phase s'achevant avec les élections palestiniennes annoncées pour janvier 2003, un accord de sécurité devrait être conclu par Israël et l'Autorité palestinienne afin de mettre fin à la violence et organiser le retrait israélien des territoires réoccupés. Un service de sécurité palestinien unifié devrait être formé. Les dirigeants palestiniens devraient réaffirmer le droit d'existence de l'Etat d'Israël. De son côté, l'Etat hébreu devrait libérer les revenus fiscaux palestiniens bloqués depuis le début de l'intifada. Il devrait aussi permettre la libre circulation des travailleurs palestiniens ; 2) entre l'élection et l'été 2003, une première phase de négociations mènerait à la création d'un Etat palestinien provisoire, passant par une nouvelle constitution palestinienne, la formation d'une nouvelle Autorité et la négociation de frontières provisoires, incluant "au moins les zone A et B" (soit un tiers de la Cisjordanie et les deux tiers de Gaza) ; 3) entre l'été 2003 et la création d'un Etat définitif en juin 2005, le gouvernement "de transition" négociera les questions fondamentales en suspens: le tracé des frontières définitives (sur la base des frontières de 1967, avec des "ajustements"), le statut de Jérusalem comme capitale des deux Etats, une solution "juste, viable et graduelle" pour les réfugiés.
"La feuille de route a été acceptée" par les ministres des Quinze est devra être complétée d'ici à la réunion du Quartette pour tenir compte des remarques des uns et des autres, a constaté Per Stig Moeller à l'issue de la réunion informelle du week-end. Il s'agit notamment, selon lui, d'assurer que "le Quartette garde l'initiative, pour conserver le soutien des pays concernés". Au cours de la discussion, a-t-il indiqué, les ministres ont mis l'accent notamment sur les questions humanitaires et financières, en soulignant d'un côté qu'Israël doit libérer les revenus fiscaux bloqués, de l'autre que la sécurité doit être assurée dans les territoires palestiniens. M. Moeller a aussi évoqué la prochaine réunion des bailleurs de fonds pour la région. Certaines délégations ont plaidé pour la mise en place d'un mécanisme de suivi du type OSCE. La Jordanie et l'Egypte notamment seraient invités à déployer des observateurs sur place.