Copenhague, Bruxelles, 25/06/2002 (Agence Europe) - Le Président du Parlement européen Pat Cox et les présidents de tous les groupes politiques du PE ont discuté les priorités de la Présidence danoise du Conseil de l'UE, lundi à Copenhague, avec le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen et les ministres aux Affaires étrangères Per Stig Moeller et aux Affaires européennes Bertel Haarder (député européen de 1999 jusqu'aux dernières élections danoises). Les députés européens ont salué cette première, en estimant qu'une telle rencontre était dans l'esprit de l'objectif de Pat Cox de promouvoir "un nouveau sentiment de partenariat à travers les institutions".
Par ailleurs, mardi matin, Thomas Ahrenkiel, conseiller à la Représentation permanente danoise qui a remplacé au pied levé, lors d'un déjeuner-débat organisé par The European Policy Centre, l'ambassadeur Poul Skytte Christoffersen qui a dû se rendre à Copenhague pour régler les derniers détails de la Présidence danoise qui commence lundi prochain, a confirmé que la Présidence essaiera de mettre en oeuvre autant que possible les réformes du Conseil décidées à Séville. Nous espérons que le Conseil approuvera en juillet les modifications du Règlement intérieur, afin d'appliquer ces réformes dès septembre, a-t-il indiqué. Et il a précisé que la présidence s'efforcera notamment de mieux préparer les Conseils européens, en "utilisant" le Conseil Affaires générales et en présentant "des agendas annotés et des papiers sur des options" et de réduire le nombre de formations du Conseil . Quant à la transparence, il a annoncé que "nous allons ouvrir les débats (au Conseil) sur la présentation des principales propositions de la Commission" ainsi que, dans la dernière phase, "les procédures de vote et d'explication de vote". Par ailleurs, la présidence entend présenter au Conseil européen de Copenhague un "rapport initial" sur le problème des langues, et (comme demandé à Séville) un premier rapport sur la future organisation des présidences. Sans empiéter dans le travail de la Commission, il est "logique que le Conseil pense à son avenir", a-t-il estimé. A Nice, on a dit ce qui se passerait (notamment pour le calcul de la nécessité qualifiée) dans une Union à 27, mais pas à 25, a-t-il noté dans ce contexte en répondant à une question. Et, interrogé sur les propositions de M.Prodi sur cette "période intermédiaire", il a considéré "intéressante" l'idée de réfléchir à une réforme de la Commission européenne parallèlement à celle du Conseil. Ces idées "sont venues assez tard pendant la discussion sur la réforme au Conseil", et on aura peut-être l'occasion d'en discuter dans le contexte du dialogue interinstitutionnel décidé à Séville (notamment sur la "better regulation"), a-t-il ajouté.
Quant aux priorités de la Présidence danoise, M. Ahrenkiel a cité évidemment l'élargissement, en confirmant que "nous ne prévoyons pas de changer les dates" du Conseil européen des 24 et 25 octobre, car, a-t-il dit, il faudra présenter aux candidats nos positions communes, notamment sur les aides directes aux agriculteurs, "début novembre", afin de disposer d'environ cinq semaines pour négocier avec eux avant le Conseil européen de Copenhague (les 12 et 13 décembre). "Certains tendent à dire" que tout pourrait être fait à Copenhague, a-t-il ajouté (allusion à l'Allemagne, qu'il n'a pas citée), mais nous "les avons mis en garde contre une telle approche", car il serait difficile, lors d'un même sommet, d'adopter à la fois nos positions communes et de conclure les négociations d'élargissement, a-t-il averti. Et il a répété que la Présidence danoise veut faire progresser de manière "très sérieuse et ambitieuse" la révision de la PAC, mais que ceci ne sera pas possible si on crée un lien entre cette réforme et l'élargissement. Au Conseil européen d'octobre, il faudra aussi régler les problèmes institutionnels, a-t-il remarqué.
Au sujet des autres priorités de la présidence, le diplomate danois a évoqué les dossiers: - justice/affaires intérieures, en notant que la présidence veut faire avancer non seulement les conclusions de Séville, "mais tout l'agenda de Tampere"; - la réforme économique, en insistant sur le paquet fiscal et en avertissant que, si on ne parvient pas à un accord avec la Suisse sur l'échange d'informations, cela risque d'avoir des conséquences dans la coopéraiton dans d'autres domaines; - la réforme de la politique de la pêche, qui doit être "ambitieuse"; - les relations extérieures, en citant en particulier le Sommet de Johannesburg et les Sommets avec la Russie et l'Asean, ainsi que le problème de Kaliningrad (il s'est dit confiant que en coopération avec la Pologne et la Lituanie, on parviendra à une solution satisfaisante pour tous et qui, en même temps, respecte l'acquis de l'UE); - la PESD, en soulignant que la Présidence danoise coopérera très étroitement avec la Grèce (qui, du fait de l"opt out" danois, présidera les travaux) et que, en même temps, elle se concentrera sur sa priorité, la gestion civile des crises.