Bruxelles, 30/05/2002 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur des Quinze, réunis en séminaire sur la protection des frontières à Rome jeudi, ont soutenu l'idée d'un projet-pilote de police des aéroports, a annoncé le ministre italien de l'Intérieur Claudio Scajola. Ce projet sera ouvert à ceux des Quinze qui le souhaitent, a déclaré le ministre italien cité à Rome par Reuters. Ce projet-pilote fait partie d'une série de conclusions d'une étude pilotée par l'Italie. Cette étude, présentée jeudi aux ministres de l'UE et des pays candidats, porte sur le contrôle aux frontières et la création d'une police européenne des frontières. Claudio Scajola a déclaré que les ministres ne veulent pas "faire de l'Europe une forteresse, mais promouvoir un modèle intégré pour garantir la sécurité de nos citoyens dans un espace commun". Les ministres vont travailler au Conseil JAI des 13 et 14 juin pour arriver à une synthèse des différents travaux présentés à Rome, a commenté Patrick Zanders, conseiller du ministre belge de l'intérieur Antoine Duquesne. Outre l'étude italienne, il s'agit d'une étude présentée par l'Autriche, la Finlande et la Belgique avec 14 propositions de domaines de coopération (comme des officiers de liaison aux frontières extérieures et en dehors de l'UE). Enfin, toujours selon ce conseiller, les ministres sont arrivés à un accord de principe sur la question du partage du coût financier de la mise en place d'un corps européen de garde frontières. Toutes ces questions seront portées à l'ordre du jour du Conseil européen de Séville.
Le Président en exercice du Conseil JAI, Mariano Rajoy, a présenté les résultats d'une étude menée dans 24 aéroports de 19 pays européens pendant un mois pour préparer ce projet. En critiquant "la tendance des compagnies aériennes à accepter des passagers qui n'ont pas les documents requis", Mariano Rajoy a annoncé que 4.597 immigrés illégaux ont été détectés au cours de cette opération "Rio II" menée entre le 24 avril et le 23 mai. L'opération a été menée dans les Quinze Etats membres plus la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie et la Lettonie. Les candidats à l'immigration clandestine étaient: 455 Chinois, 314 Equatoriens, 303 Angolais, 187 Brésiliens, 140 Nigériens, 135 Sénégalais, 125 Roumains, 117 Algériens... Les aéroports d'origine étaient pour l'essentiel ceux de Quito, Guayaquil, Pékin, Shanghai, Hongkong, Dakar, Rio de Janeiro, Sao Paulo et du Lagos. Le ministre espagnol a également annoncé que 543 sanctions ont été imposées à des compagnies aériennes pour n'avoir pas mené les contrôles nécessaires. Début avril, l'opération "Rio I", menée pendant 3 jours dans les aéroports européens, avait donné lieu à 410 arrestations de détenteurs de faux passeports (EUROPE du 12 avril, p.10).
Le Commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, Antonio Vitorino, a présenté et défendu les propositions sur la coopération aux frontières faites par la Commission de sa communication du 7 mai dernier (EUROPE des 6/7 mai, p.9). Il s'est félicité de voir "beaucoup de points de convergence" entre cette communication et le résultat des études présentées à Rome - "renforcer la coopération entre les autorités responsables des contrôles des frontières extérieures, procéder à une étude d'analyse-risque et d'évaluation, échanger informations et documents en ligne, adopter des normes communes pour la formation et l'équipement, chercher les manières d'un financement européen". Autres points communs, l'appel à créer une structure de coordination et de soutien, et à travailler à des opérations communes sur les frontières extérieures. M. Vitorino a demandé que ces initiatives "reçoivent un aval politique au Conseil européen de Séville". Il a insisté sur le fait que les propositions de la Commission, notamment le partage des coûts, "forment un tout et sont interdépendantes", et a noté que l'on "ne part pas de rien", puisque la coopération a commencé dans le cadre Schengen. La création d'un corps européen de garde frontières n'est "qu'un des aboutissements" possibles de tout ce processus de coopération. Ce corps "aura pour mission de soutenir les services nationaux des Etats membres, et pas de les remplacer". M. Vitorino espère surtout que l'attention que tous les gouvernements européens accordent à ces questions en ce moment permettra de faire avancer l'ensemble du paquet asile/immigration proposé par la Commission.