Bruxelles, 30/05/2002 (Agence Europe) - Le projet de recherche CRYOPLANE montre que le remplacement du kérosène par de l'hydrogène liquide pour la propulsion des avions est techniquement faisable et atténuerait grandement l'incidence de l'aviation sur l'environnement sans que la sécurité soit compromise. Financé par la Commission et d'une durée de 26 mois, ce projet dirigé par Airbus (le plus grand constructeur aéronautique européen) a réuni 35 partenaires de milieux industriels, centres de recherche et institutions universitaires de 11 États membres de l'Union, ainsi que le Centre commun de recherche. Les résultats, présentés les 27 et 28 mai à Ispra, comprennent notamment: (1) l'identification de configurations aéronautiques remplissant les conditions d'une exploitation efficace et sûre de tous les types d'aéronefs, du jet privé au long courrier ; (2) la confirmation que les moteurs à hydrogène peuvent être aussi efficaces que ceux au kérosène en terme de consommation d'énergie avec, en prime, une réduction substantielle des émissions polluantes. Des recherches plus approfondies doivent encore être poursuivies pour la mise au point de systèmes de stockage du carburant et d'alimentation du moteur, adaptés aux différents modèles d'avions ainsi que sur certains aspects de sécurité et de navigabilité, mais la Commission estime, dans son communiqué de presse, que le passage à l'hydrogène pourrait débuter dès 2015. L'un des grands problèmes du transport aérien, dont la croissance annuelle se situe entre 3 et 4%, est celui de sa contribution à la pollution de l'environnement (environ 3% des émissions totales de gaz à effet de serre). Contrairement au kérosène, d'origine fossile, l'hydrogène liquide, qui coûte cependant plus cher, peut être produit sans conséquences directes sur l'environnement, par electrolyse de l'eau. Son principal résidu de combustion est de l'eau. D'une puissance énergétique supérieure au kérosène (2,8 fois plus à poids égal), il permettrait aussi de réduire le poids au décollage et, le cas échéant, d'emporter une charge marchande plus élevée.