Bruxelles, 30/05/2002 (Agence Europe) - Réunis le 30 mai sous la présidence de Pilar Del Castillo Vera (voir EUROPE d'hier, p.11), les ministres de l'Education de l'UE ont eu un débat assez général sur le suivi de Barcelone, « qui a été un progrès important dans le domaine de l'éducation ». Ils ont adopté une résolution sur l'apprentissage tout au long de la vie et marqué leur accord politique sur la proposition de décision faisant de 2004 l'année européenne pour le sport et sur l'extension du programme Tempus aux pays Meda. Un dernier Conseil informel Education sous présidence espagnole se tiendra à la mi-juin à Bratislava, a annoncé Mme Del Castillo Vera.
L'échange de vues sur le suivi de Barcelone a notamment porté sur les points suivants: 1. Processus de Bruges : le Conseil a lancé ce processus pour la formation professionnelle, un processus qui tente, a rappelé la Commissaire Viviane Reding, de « rapprocher nos systèmes de formation professionnelle afin de partager des expériences et de participer à des projets pilotes » ; 2. Apprentissage précoce de deux langues à côté de la langue maternelle et mise au point d'un indicateur de compétence linguistique: Mme Reding a indiqué que la Commission entend créer un groupe d'experts sur la question des langues et a annoncé qu'elle voudrait qu'elle adopte en 2003 un plan d'action sur l'apprentissage des langues; 3. Apprentissage tout au long de la vie: le Conseil a adopté une résolution réaffirmant trois principes, indique Mme Del Castillo Vera: - veiller à la convergence entre les activités des Etats membres ; - renforcer l'éducation et la formation tout au long de la vie par des actions et des politiques élaborées notamment dans le cadre de la stratégie européenne pour l'emploi ; - garantir à tous la possibilité d'acquérir les connaissances et les qualifications nécessaires au développement de leur carrière personnelle. Au cours du débat, l'Irlande a insisté sur la validation de la formation non formelle et le Portugal sur le développement de synergies entre éducation et formation. La Finlande s'est félicitée de l'adoption envisagée d'indicateurs de compétences linguistiques et l'Italie a proposé « des perspectives d'activité », à savoir le renforcement de la qualité de l'éducation dans les domaines des sciences et des technologies. La qualité de la formation a aussi été mise en exergue par l'Allemagne, qui, à propos de l'apprentissage des langues, a estimé que « il faut veiller à ce que les enfants de migrants ne soient pas trop surchargés dans ce domaine, par exemple un enfant de migrants turcs travaillant en Allemagne qui ne sait trop si sa langue maternelle est l'allemand ou le turc, et qui vit d'emblée dans une atmosphère bi- ou trilingue ». Le Luxembourg a emboîté le pas en notant qu'au Grand-Duché les enfants portugais se retrouvent dans une atmosphère quadrilingue (allemand, français, anglais et portugais), ce qui est une possible cause d'échec scolaire. Enfin, la France a qualifié d'"enfant pauvre de l'enseignement" la formation professionnelle, « car l'entrée en apprentissage d'un jeune est due au fait qu'il a échoué ailleurs ». C'est pourquoi la France, tout comme Mme Reding, a appelé à une réforme et à une revalorisation de ce type de formation.
Le Conseil a marqué son accord politique sur l'Année européenne de l'éducation par le sport 2004. Avec un budget de 11,5 millions d'euros, cette année européenne a pour objectif de renforcer la coopération entre les organisations sportives et le monde académique, de mieux prendre en compte les valeurs du sport dans l'éducation, la promotion du volontariat ou encore l'utilisation du sport comme moyen d'intégration sociale. Tous ces ingrédients ont été rappelés par Viviane Reding qui s'est réjouie de ce que « les activités préparatoires à cette année puissent enfin démarrer, notamment dans nos écoles ».
L'accord politique ayant été également obtenu sur Tempus Meda, cette 3ème phase du programme transeuropéen de coopération pour l'enseignement supérieur (Tempus III, 2000-2006) pourra démarrer dès la rentrée universitaire 2003-2004, avec un budget estimé pour la première année à environ 21 millions d'euros pour les 8 pays concernés.
La Présidente du Conseil a informé les ministres des résultats du Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes qui s'est déroulé à Madrid les 17 et 18 mai, en rappelant que ce Sommet avait proposé, à l'initiative de la France et de l'Espagne, la création d'un espace commun en matière d'enseignement supérieur.
Viviane Reding par ailleurs a annoncé que: - les ministres étaient d'accord pour lancer dans les écoles et les lycées une « journée de l'Europe », pour sensibiliser les jeunes à 'Europe et « pour que ceux qui sont admis à la Convention sur l'avenir de l'Europe puissent présenter leurs points de vue en la matière et y discuter ». La date provisoirement retenue pour cette journée serait le 21 mars 2003; pour préparer le Sommet de Séville, la Commission fera des propositions pour préparer le jumelage des écoles sur Internet (comme requis par le Sommet de Barcelone) et demandé « une concertation entre enseignants, société civile et ministres de l'Education pour que ce jumelage puisse toucher le plus grand nombre de jeunes ».