Bruxelles, 30/04/2002 (Agence Europe) - Le Président Prodi, interrogé mardi par la presse sur les critiques d'une partie de la presse britannique à son discours de lundi à Oxford (où il a regretté l' attitude défensive de Londres en matière européenne: EUROPE d'hier, p.5), s'est borné à constater que "certains journaux" , comme The Times, ont "toujours eu cette attitude". Mon analyse, a-t-il dit, reste que "nous avons besoin du Royaume-Uni avec nous, et je crois qu'il a besoin de nous". C'est "bizarre", ajoute-t-il, que la presse me reproche d'avoir parlé de tout cela dans un discours, en public, plutôt que de le "murmurer à l'oreille des gouvernements".
Romano Prodi "dit avec délicatesse ce que pense un nombre croissant de nos partenaires: comment pouvons-vous prendre le Royaume-Uni pour un acteur européen sérieux si un gouvernement qui a une majorité de 167 (députés) ne se mouille pas sur l'euro, le projet central de l'Union européenne ?", demande le libéral britannique Chris Huhne, député européen, en commentant le discours de M. Prodi. Selon lui, les remarques de Romano Prodi montrent qu'il "n'y a pas de palissade sur laquelle s'asseoir si nous restons comme membres de l'UE mais en dehors de l'euro". Et il renchérit: "C'est bizarre que nous prenions de grands risques comme celui d'envoyer des troupes (…) combattre en Afghanistan, mais que nous ne soyons pas prêts à nous joindre au projet central de nos partenaires de l'UE".