Bruxelles, 26/04/2002 (Agence Europe) - Le nouveau report de l'examen, par la Commission européenne, de la stratégie "révisée" de lutte contre les pratiques déloyales des chantiers navals sud-coréens (voir EUROPE d'hier, p. 15) suscite plusieurs réactions. Ainsi, dans un communiqué publié jeudi, le Comité des associations de chantiers navals européens (CESA) fustige les atermoiements de la Commission, soulignant le déclin du secteur en Europe. L'élu européen de la CDU Werner Langen a, pour sa part, protesté face au nouveau report de la publication de l'étude de la Commission sur les pratiques commerciales déloyales dans ce secteur et a qualifié de "incompréhensible et contre-productive" l'intention qu'aurait apparemment la Commission de commencer par remettre ce rapport seulement aux Etats membres, de manière confidentielle. On sait depuis des années que la Corée du Sud a poussé la construction navale européenne "au bord de la ruine" par ses pratiques commerciales et ses prix de dumping, dénonce M. Langen, qui affirme que les chantiers navals européens, et en particulier allemands, ont besoin d'une extension des aides aux pétroliers et gaziers. Il ne s'agit pas de réclamer des aides à "la caisse de l'UE, mais d'aides nationales", précise-t-il. "Personne ne veut des subventions permanentes, mais c'est notre seule possibilité de faire pression sur la Corée du Sud", estime M. Langen.
La stratégie "révisée" pourrait être inscrite à l'ordre du jour de la réunion de la Commission de la semaine prochaine (le 30 avril) qui a prévu d'examiner ce jour-là un point connexe, à savoir le cinquième rapport sur la situation de la construction navale dans le monde.