Bruxelles, 26/04/2002 (Agence Europe) - Le 24 avril, la Présidence espagnole a fait au nom de l'UE la déclaration suivante:
« Le 26 avril prochain marque le quatrième anniversaire de l'assassinat brutal de Monseigneur Gerardi, coordinateur du Rapport REMHI documentant les violations des droits de l'homme perpétrées pendant le conflit interne au Guatemala. A cette occasion, l'UE souhaite remémorer la personnalité de Monseigneur Gerardi. Elle se félicite de ce que le procès en première instance ait pu avoir lieu. Toutefois, elle regrette que le crime n'ait pas encore été pleinement éclairci et tous les coupables n'aient pas été sanctionnés, y compris les auteurs intellectuels de l'assassinat. A cet égard, l'UE suivra avec une particulière attention le déroulement du procès en appel dont elle espère qu'il pourra s'ouvrir prochainement, conformément au calendrier prévu. En même temps, l'UE souhaite réitérer à l'Etat guatémaltèque sa préoccupation face à la persistance d'intimidations, menaces et agressions qui continuent à toucher des membres des organisations des droits de l'homme, des journalistes et des agents de la justice. Il faut y ajouter, au cours des deux derniers mois, les menaces reçues par des membres de la Fondation d'anthropologie légiste et du Centre d'anthropologie légiste et Sciences appliquées de Guatemala, ainsi que par des membres de l'Eglise catholique, parmi lesquels le curé de Santa Cruz del Quiché, Rigoberto Pérez, Monseigneur Alvaro Ramazzini et le prêtre Juan J. Aldaz du diocèse de San Marcos, outre l'incendie subi par la maison paroissiale de Nebaj. Tous ces derniers faits sont directement liés à leur travail ou à leur soutien à des processus d'éclaircissement historique ou à des exhumations. De même, le mois de mars dernier, Jorge A. Rosal Zea, militant du Parti patriotique, a été assassiné. Les caractéristiques de ce crime, ainsi que la condition de membre d'un parti politique de la victime requièrent une enquête efficace sur ce fait. Cependant, l'UE souhaite exprimer sa satisfaction par la convocation du cabinet de sécurité et des droits de l'homme du gouvernement, et son offre de travail conjoint avec les organisations des droits de l'homme afin que, de façon coordonnée avec le pouvoir judiciaire, cette question puisse être adressée sérieusement. L'UE réitère son appel à l'Etat guatémaltèque pour qu'il fasse preuve, avec des faits, de sa volonté d'enquêter, de poursuivre et de punir les responsables de ces violations des droits de l'homme, et pour qu'il mette un terme à l'impunité avec laquelle celles-ci se répètent. L'UE rappelle que la fin des violations des droits de l'homme et le bon fonctionnement de la justice et la réconciliation nationale ont été des conditions énoncées par l'UE pour la future coopération avec le Guatemala, à l'occasion du dernier Groupe consultatif pour ce pays (Washington, février 2002).
Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'UE, Chypre, Malte et la Turquie, pays également associés, ainsi que le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'EEE, se rallient à cette déclaration ».