Bruxelles, 17/04/2002 (Agence Europe) - La 5ème conférence ministérielle euroméditerranéenne aura lieu les 22 et 23 avril à Valence dans un contexte doublement difficile: les suites de « l'après 11 septembre » et l'embrasement du conflit israélo-palestinien. Cependant, a relevé Patrick Laurent, directeur à la Commission chargé des relations avec la Méditerranée et le Golfe, presque tous les pays membres ont annoncé leur présence à Valence. Israël sera représenté, selon la Présidence espagnole, par Shimon Peres. Le niveau de représentation de la Palestine reste à déterminer. La Syrie, qui n'a pas encore formalisé sa réponse, hésiterait et pourrait, comme à Malaga (réunion des ministres de l'Industrie) être présente, mais en marge. Le Liban sera à Valence, d'autant plus qu'il y signera, peu avant l'ouverture de la session ministérielle, son accord d'association avec l'UE. Une cérémonie de signature aura lieu également avec l'Algérie. Parmi les observateurs, la Libye a annoncé sa présence - en attendant d'être membre de plein droit « dès qu'il aura accepté l'acquis du processus de Barcelone », a rappelé M. Laurent, affirmant que la question soulève actuellement des discussions entre les autorités du pays, qui y sont favorables, et le « guide de la révolution », personnellement hostile. Le secrétaire général de l'UMA (Union du Maghreb Arabe), Habib Boulares, sera aussi présent.
La discussion, étalée sur trois demi-journées, permettra d'aborder non seulement le conflit israélo-palestinien (qui sera également traité lors d'entretiens particuliers, mardi matin, entre la Troïka et Israël d'une part, et les pays arabes, de l'autre) mais aussi les thèmes spécifiques au processus de Barcelone (paix, sécurité, relations de bon voisinage, prévention des conflits, migrations, démocratie et de l'Etat de droit, et, surtout, lutte contre le terrorisme). De premières conclusions communes seront probablement tirées de cette phase mais il faudra compter avec l'influence négative du conflit israélo-palestinien (en particulier sur la difficulté de donner une définition du terrorisme partagée par tous) qui pousserait à surseoir à l'annonce d'actions communes.
La deuxième séance de travail, mardi matin, permettra de passer en revue le volet économique (résultats des récentes rencontres ministérielles sectorielles, travaux des groupes d'experts sur les règles d'origine notamment, ouverture d'une facilité euro-méditerranéenne BEI, coopération financière et dans le secteur des services, accès aux marchés agricoles, réseaux dans les domaines de l'énergie, des transports, des télécommunications, de l'investissement ou regroupant les organisations patronales, etc.) et, en particulier, les moyens d'encourager les coopérations « horizontales » entre pays partenaires. Le groupe d'Agadir (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie) qui a entrepris de créer le premier projet d'intégration « sud-sud » recevra une nouvelle fois les encouragements européens. Une réunion à part est organisée pour un entretien avec les ministres de ces quatre pays que l'UE voudrait inciter à presser le pas (en principe, le texte fondateur devrait être signé en mai mais des retards sont annoncés). M. Laurent estime que seuls le Maroc et la Jordanie jouent pleinement le jeu.
Enfin, au titre du troisième volet (social, culturel et « matières humaines »), les ministres procéderont à un examen d'étape de ce qui a été entrepris depuis la session de Marseille (novembre 2001) pour donner de la substance à ce volet qui vient s'enrichir d'un nouveau dossier - pratiquement abouti - sur l'ouverture d'une coopération dans le domaine JAI (Justice et affaires intérieures). Un projet commun existe et il sera soumis à l'approbation des ministres avec la perspective d'engager de premières actions telles que la formation de magistrats.
L'ensemble des points soulevés et les éventuelles conclusions communes les concernant seront consignés dans un texte appelé « Plan d'action » dont la Présidence espagnole veut faire la charte pratique du processus de Barcelone. Enfin, un projet « Fondation euroméditerranéenne » conçu en réaction au « choc du 11 septembre » (sur le même modèle que celle créée avec l'Asie) est proposé, non sans réticences, bien plus entre les Quinze qu'avec les partenaires.