Vienne/Bruxelles, 17/04/2002 (Agence Europe) - Le Président du Parlement européen Pat Cox, en visite à Vienne où il a rencontré en particulier le chancelier Schüssel, a lancé un appel à une période de calme réflexion sur les décrets Benes. Le PE conduira une étude juridique à ce sujet, a-t-il rappelé, en déclarant: "notre devoir est de faire l'histoire, pas de la répéter".
Devant la commission des Affaires étrangères du PE, le Commissaire Verheugen a dit que: - les décrets ne développeront pas de "nouveaux" effets juridiques en ce qui concerne la citoyenneté et la propriété; - des vérifications supplémentaires s'imposent pour ce qui concerne le droit pénal et, s'ils ont encore des effets, "il faudra les abroger". M. Verheugen a reconnu que les décrets soulèvent un problème moral et politique, et la plupart des députés ont demandé qu'ils soient abrogés dans un texte officiel, mais en agissant avec prudence et en créant éventuellement une commission d'historiens pour examiner les aspects non juridiques, comme proposé par Ursula Stenzel, élue de l'ÖVP (voir EUROPE d'hier, p.18, et du 12 avril, p.6, pour la déclaration Zeman/Verheugen). M.Verheugen a noté l'importance que donne à cette affaire Jürgen Schröder (CDU) dans son rapport sur les négociations d'adhésion avec Prague, et a souhaité qu'on guérisse "cette blessure" avant l'élargissement, tout en veillant "à ne pas alimenter la campagne électorale en République tchèque".
En revanche, le Parti des Socialistes Européens, par la voix de Jan Marinus Wiersma et Simon Murphy, a salué la déclaration Zeman-Verheugen selon laquelle les décrets ne doivent avoir aucun impact sur les négociations d'adhésion, et a affirmé que "l'élargissement est un processus d'avenir qui ne devrait pas être entravé en revivant de vieilles batailles".