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Bulletin Quotidien Europe N° 8191
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) acp/ue

Les futurs accords de partenariat économique à négocier sont au service du partenariat ACP/UE pour le développement, affirme Pascal Lamy

Bruxelles, 12/04/2002 (Agence Europe) - La stratégie proposée par la Commission européenne pour la négociation d'accords de partenariat économique (APE) avec les pays ACP (voir EUROPE du 10 avril, p.12 et du 6 avril, p. 10 ) a été présentée à la presse par les Commissaires Pascal Lamy (Commerce) et Poul Nielson (Développement) comme la recherche d'une alternative à moyen terme au système actuel de préférences commerciales unilatérales qui régit les relations commerciales entre l'Union et les ACP - une alternative qui soit à la fois compatible avec les règles de l'OMC, propre à favoriser le développement des pays ACP sur la base d'une intégration régionale plus poussée, et à les insérer progressivement dans l'économie mondiale.

Le projet de mandat de négociation qui sera soumis au Conseil définit le cadre des négociations, prévues par l'Accord de Cotonou liant l'Union aux 77 pays ACP. La Commission espère qu'elles pourront débuter le 27 septembre prochain pour que les APE puissent entrer en vigueur en 2008 et déboucher, à l'horizon 2020, sur des zones de libre-échange entre l'Union et des entités régionales intégrées ACP, voire des pays ACP individuels.

Commentant le sens et le contenu de ces directives de négociations, Pascal Lamy a déclaré: « le texte que j'ai proposé, en accord avec Poul Nielson, et qui a été unanimement soutenu par le Collège, est fondé sur le constat que la coopération commerciale passée entre l'Union et les ACP a échoué. L'ouverture préférentielle du marché européen aux pays ACP n'a empêché ni l'érosion des échanges (les produits ACP importés par l'Union sont passés de 7% à 4% entre 1970 et aujourd'hui), ni la stagnation des investissements (les ACP accueillent moins de 2% du flux d'investissements directs de l'Union). Certes, l'Union fait mieux que les autres en accueillant 67% des exportations africaines contre 27% pour les Etats-Unis, mais cela ne suffit pas à assurer le développement de ces pays ». Soulignant que les APE sont principalement « un instrument de développement », Pascal Lamy a énoncé les lignes de force des futures négociations, à savoir: 1) l'ouverture supplémentaire du marché européen aux produits ACP contre un engagement accru de ces derniers dans les politiques nécessaires à leur développement et dans l'approfondissement du processus d'intégration régionale ; 2) respect du principe de flexibilité et d'asymétrie des accords: les possibilités offertes par les règles de l'OMC en termes de délais et d'exceptions sectorielles pour l'ouverture des marchés ACP seront explorées au maximum ; 3) fourniture aux ACP d'une véritable politique d'assistance technique liée au commerce; pour qu'ils tirent pleinement profit des APE.

A propos de l'importance accordée à l'intégration régionale, Pascal Lamy a précisé que les pays ACP comme l'Union avaient reconnu que «il n'y aura pas de meilleurs équilibres Nord/Sud, sans meilleurs équilibres Sud/Sud ». Interrogé sur l'articulation entre ces futurs APE et l'agenda de Doha pour le développement, il a répondu: « la négociation multilatérale lancée à Doha concerne tous les pays pour déboucher sur le plus petit commun dénominateur planétaire. La négociation ACP/UE s'apparente à une négociation régionale (à l'instar des négociations entre l'Union et le Mercosur, ou le Chili, ou le Mexique) et représente entre les partenaires un niveau de droits et d'obligations supérieur à ce plus petit commun dénominateur, car elle s'insère dans un partenariat pour le développement doté d'instruments d'intégration beaucoup plus puissants pour que ce que ce nous apportons aux ACP se traduise en croissance et en investissements». Poul Nielson a ajouté qu'il existe des possibilités de gestion des investissements par la BEI pour faciliter les investissement dans ces pays, et qu'une augmentation des investissements entraînera des liens économiques plus étroits entre les ACP et l'Union. «La volonté d'encourager l'intégration régionale et la libéralisation du commerce est au cœur des négociations à mener », a déclaré le Commissaire pour résumer ce qu'il estime être « une approche constructive face à la mondialisation ».

L'Afrique du Sud, pays ACP signataire de l'Accord de Cotonou, restera à l'écart des négociations pour avoir déjà conclu avec l'Union un accord bilatéral de commerce, de coopération et de développement. Cuba, reconnu par les Etats ACP comme membre à part entière de leur groupe, mais qui n'a pas signé l'Accord de Cotonou, ne participera pas non plus aux négociations.

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