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Bulletin Quotidien Europe N° 8186
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

L'UE soutient l'initiative américaine et garde un profil bas après le camouflet israélien - Nouvelle visite de Solana dans la région?

Bruxelles, 05/04/2002 (Agence Europe) - L'Union européenne a appuyé l'intervention du président Bush du 4 avril sur le Proche-Orient et gardé un profil-bas après l'échec de la mission européenne le jour-même dans la région. Le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, pourrait toutefois se rendre de nouveau au Proche-Orient dans les prochains jours, "si nécessaire", indique une source européenne. Alors que les pays de la Ligue Arabe se réunissaient d'urgence, vendredi et samedi, pour soutenir les Palestiniens, Javier Solana devrait les appeler à appuyer l'application d'un cessez-le-feu et à maintenir leur soutien au plan saoudien.

"J'accueille très chaleureusement la déclaration du président Bush, qui traduit leur détermination et leur volonté de jouer un rôle de chef de file", a déclaré le président de la Commission européenne, Romano Prodi dans un communiqué. "Nous offrons notre complète coopération aux Etats-Unis et à toutes les parties déterminées à faire appliquer complètement et immédiatement les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment la résolution 1402 appelant à un arrêt immédiat de toutes les actions de violence, y compris les actes de terreur, de provocation et de destruction", a-t-il précisé. Il appelé les Etats-Unis, l'UE, la Russie, les pays arabes modérés, Israël et les Palestiniens à "travailler ensemble dans cette direction". Romano Prodi a appelé le gouvernement israélien à "agir immédiatement pour retirer ses troupes des villes palestiniennes" et le "chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux attaques terroristes".

Les Européens, dans le même temps, n'ont pas voulu interpréter comme un camouflet l'attitude du gouvernement israélien, qui a autorisé l'émissaire américain Anthony Zinni à rencontrer vendredi le président de l'Autorité Palestinienne, Yasser Arafat, quelques heures après avoir refusé cette autorisation aux envoyés européens, Javier Solana et Josep Piqué, président du Conseil. Suite à ce refus, MM. Piqué et Solana ont refusé eux-mêmes de rencontrer Sharon. Alors que Josep Piqué qualifiait la décision israélienne de "très grande erreur", Javier Solana assurait devant la presse qu'il n'y a "aucune crise entre l'Union européenne et Israël. S'il y avait une crise, nous n'en serions pas là". "Il n'y a pas de camouflet. Le camouflet aurait été que l'UE ne fasse rien", insiste la porte-parole de Javier Solana, Christina Gallach. "Il ne s'agit pas d'une humiliation mais d'une décision politique", a commenté Emma Udwin, pour le Commissaire aux relations extérieures Chris Patten. Ce dernier, avant de rencontrer M. Powell, avec MM. Piqué et Solana, a salué la "forte" intervention du Président Bush et a insisté afin que la communauté internationale dans son ensemble travaille pour la paix. "Nous soutiendrons toute initiative qui amènera des résultats", a-t-elle précisé, en rappelant que la réunion UE/Etats-Unis le 10 avril à Madrid sera dominée par la question du Proche-Orient. Le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pourraient être associés à la réunion pour une rencontre quadrilatérale.

Javier Solana devait s'entretenir par téléphone avec le secrétaire d'Etat américain Colin Powell, après la rencontre entre Anthony Zinni et Yasser Arafat. "Nous sommes tombés d'accord pour organiser un certain nombre de rencontres entre Américains et Palestiniens dans les prochaines heures", s'est borné à déclarer l'émissaire américain à l'issue de cette rencontre. Anthony Zinni a été autorisé à rencontrer Arafat et non la délégation européenne, parce que "c'est lui qui conduit les négociations depuis trois semaines, et il a un rôle différent des Européens", a commenté un conseiller de Ariel Sharon, Avi Pazner, dans le quotidien italien La Repubblica. "Nous faisons une exception pour Zinni, mais le gouvernement a décidé d'isoler Arafat. Josep Piqué et Javier Solana ont fait une erreur en annulant la rencontre avec Ariel Sharon. Ils devaient s'informer avant de venir. Arafat est aujourd'hui le chef d'une coalition de terreur et non un chef de l'Etat", a affirmé Avi Pazner. Le porte-parole du gouvernement israélien, Raanan Gissin, avait déclaré à l'agence Reuter qu'il pensait que l'UE "ne joue pas un jeu équilibré lorsqu'elle cherche à tirer Arafat d'une situation difficile sans, dans le même temps, exercer la moindre pression et sans formuler d'exigence".

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