Bruxelles, 05/04/2002 (Agence Europe) - La Commission s'est félicitée vendredi de la décision de l'Administration intérimaire afghane (AIA) de prendre des mesures pour éradiquer la culture du pavot, et s'est engagée à soutenir la lutte contre les drogues illicites dans le pays, en fournissant en particulier une aide financière pour la reconversion des régions productrices et une assistance technique aux politiques anti-drogues. La bonne gestion de l'utilisation des fonds communautaires sera vérifiée par des inspecteurs afghans. C'est mercredi que le président afghan Karzaï a confirmé l'engagement de l'AIA d'éliminer la production, la fabrication et le trafic de drogues; le processus d'éradication débutera le 8 avril.
La Commission s'est dite persuadée que, s'ils n'étaient pas réprimés, la culture de l'opium et le trafic de drogues constitueraient une sérieuse menace pour la sécurité et la reconstruction en Afghanistan. Le commerce de drogues illégales a déjà largement contribué au statut d'Etat défaillant qui colle à l'image du pays, estime-t-elle, soulignant que l'argent de la drogue, le crime organisé et les réseaux terroristes sont des éléments fortement imbriqués. La Commission, qui souligne par ailleurs que la lutte contre la drogue passe par le développement rural et la réduction de la pauvreté, est prête à agir rapidement pour fournir une aide aux régions dépendantes de la culture du pavot et y développer des alternatives viables à long terme. Elle finalise actuellement l'octroi d'une aide de 28 millions d'euros en faveur de la reconversion des zones rurales et de la sécurité alimentaire: les premières opérations relevant de cette aide commenceront au mois de juin (l'UE ne contribuera pas aux paiements directs aux cultivateurs, qui seront assurés par l'AIA). En outre, la Commission entend offrir une assistance technique destinée à aider l'AIA à renforcer sa politique anti-narcotiques, y compris ses capacités judiciaires: à cette fin, une contribution de 500.000 euros sera assurée au titre du mécanisme de réaction rapide.
Le Commissaire Chris Patten a commenté: "Nous soutenons pleinement les efforts de l'AIA (...). Ces dernières années, la majorité (80 à 90 %: NDLR) des drogues issues de l'opium découvertes dans les rues en Europe provenait d'Afghanistan (…). Il est de l'intérêt et de l'Europe et de l'Afghanistan que les cultivateurs sachent qu'ils n'ont pas à choisir entre la pauvreté et la production d'opium. Nous jouerons notre rôle en faisant en sorte qu'ils aient une alternative. Combattre la drogue aide à combattre le terrorisme et mènera les Afghans et l'Afghanistan sur la voie d'un futur plus radieux".