Bruxelles, 05/04/2002 (Agence Europe) - La directive de l'UE sur le blanchiment d'argent entrée en vigueur le 4 décembre 2001 constitue "un énorme pas en avant", mais, après les attentats du 11 septembre, la situation a changé pratiquement d'un jour à l'autre, au point que cette législation à peine adoptée exige déjà une "rapide adaptation". C'est ce qu'a affirmé cette semaine à Bruxelles le social-démocrate allemand Gerhard Schmid, l'un des vice-présidents du Parlement européen, tout en estimant que "l'influence du Parlement a amélioré sensiblement la directive et en a fait un instrument encore plus efficace de lutte contre le blanchiment d'argent".
Dans son intervention à un séminaire sur la lutte contre le blanchiment de l'argent en Europe, Gerhard Schmid a noté que jusqu'ici "on n'a pas pu exclure que Ben Laden ait mis à disposition (pour financer des actions terroristes) une partie de ses considérables revenus légaux". Or, constate le député européen, alors que dans certains pays on peut intervenir contre le blanchiment d'argent même s'il ne provient pas d'un acte criminel, ceci n'est pas le cas de la législation de l'Union européenne. Selon lui, "concrètement, l'identification du financement d'opérations terroristes sera encore plus difficile pour les banques que cela n'est le cas pour le blanchiment d'argent classique".
Dans ces conditions, le député européen suggère en particulier: - une nouvelle définition du blanchiment d'argent; - l'introduction d'un registre de comptes bancaires de toute l'Union européenne; - l'extension des obligations découlant de la directive européenne sur le blanchiment d'argent aux filiales des banques de l'UE dans des pays tiers (il cite en particulier les filiales de banques britanniques dans les îles de la Manche); - l'interdiction des comptes auprès de "shell banks" (les "banques sans présence physique", les banques "boîte aux lettres") et des banques dans des pays qui n'ont pas une législation anti-blanchiment efficace ou qui ne sont pas disposées à coopérer à la lutte anti-blanchiment; - une surveillance renforcée des comptes auprès de banques "offshore". Selon Gerhard Schmid, toutes ces demandes sont parfaitement réalisables.