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Bulletin Quotidien Europe N° 8183
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des Quinze pour réclamer le retrait immédiat de Tsahal

Bruxelles, 02/04/2002 (Agence Europe) - La trêve pascale aura laissé le champ libre à l'armée israélienne, malgré la résolution de l'ONU demandant le retrait immédiat des troupes qui assiègent les bureaux de l'Autorité palestinienne à Ramallah. Adoptée le 30 mars par le Conseil de sécurité des Nations unies, la résolution 1204 n'a pas empêché le président Georges Bush de confirmer le soutien des Etats-Unis au gouvernement de M. Sharon pendant que les différents responsables européens, dans des déclarations éparses, lançaient de nouveaux appels pour arrêter l'engrenage de la guerre. « La guerre doit être évitée », déclarait ainsi le président de la Commission européenne, Romano Prodi, en plaidant pour une action internationale concertée: « Il n'y a qu'une chose à faire: avoir les Etats-Unis, l'Europe, la Russie, les Nations unies et les deux parties en conflit assis autour d'une même table ». « L'Europe doit décider avec les autres. Ils nous laissent de côté et aujourd'hui, on voit le résultat », a-t-il encore déclaré, lundi à Bologne. En visite en Chine, le Commissaire Chris Patten a souligné que « les souffrances et la violence ne connaîtront pas de fin » tant que le blocus des territoires palestiniens ne sera pas levé, et un porte-parole de la Commission a précisé que la solution passe nécessairement par un cessez-le-feu et le retrait des troupes de Ramallah. Pour le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, l'action d'Israël ne peut pas être justifiée comme faisant partie de la guerre internationale contre le terrorisme. Il a estimé que les attentats suicide perpétrés par des Palestiniens sont « au cœur de la spirale de violence qui guide l'action du gouvernement israélien », mais il a demandé le retrait des troupes de Tsahal et il a appelé les deux parties à s'engager dans des négociations avec l'envoyé spécial américain Anthony Zinni. « Il ne peut y avoir de solution militaire à la situation désespérée dans laquelle se trouvent les Israéliens et les Palestiniens », a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, qui devait évoquer la crise israélo-palestinienne avec le président Poutine lors de la visite de deux jours qu'il a entamée mardi à Moscou, a estimé que « les Etats-Unis et l'UE devraient faire des efforts pour définir les modalités et un calendrier pour dépêcher des observateurs internationaux avec l'accord des parties concernées » et il a lancé « un appel spécial pour le respect des lieux saints, qui ne doivent pas être réoccupés, et notamment Bethléem ». Tout en plaidant pour le respect de la résolution de l'ONU, le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a mis en doute la capacité des Européens à se mettre d'accord en période de crise et il a souligné en particulier que certains, comme la Présidence espagnole, pensent qu'il ne faut rien faire qui puisse déranger la politique américaine.

Dans un entretien accordé à une radio espagnole, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, a souligné que si le président Arafat a pu avoir une part de responsabilité dans le passé, il ne lui est certainement plus possible de contrôler quoi que ce soit. « Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un territoire occupé qui doit être libéré et qu'il y a une opération militaire qui n'améliore pas la situation, mais l'aggrave plutôt », a ajouté M. Solana, qui préparait activement avec la Présidence espagnole, mardi à Madrid, une réunion informelle d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. Cette réunion, qui pourrait avoir lieu dès ce mercredi en fin d'après-midi à Bruxelles, devrait conduire les Quinze à réclamer la pleine application de la résolution 1204 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les co-présidents du groupe des Verts et de l'Alliance libre européenne, Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni, ainsi que Pasqualina Napoletano (DS) ont demandé au président du Parlement européen, Pat Cox, d'envoyer une délégation parlementaire de très haut niveau au Proche-Orient. Compte tenu de la situation sur place, où se trouve déjà la présidente de la délégation pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, Luisa Morgantini (GUE/NGL) qui s'est entretenue avec le président Cox, il semble qu'une telle mission est difficilement praticable. Le président Cox estime aussi que les deux initiatives qu'il avait envisagées lors de la dernière session plénière, l'invitation de MM. Arafat et Peres au PE et la participation avec d'autres personnalités à une mission sur place à l'initiative du président de l'Assemblée nationale française, sont dépassées par les événements. M. Moratinos ne pourra pas non plus participer à la conférence des présidents prévue jeudi. Celle-ci pourrait en revanche ajouter un débat sur la crise au Proche-Orient lors de la session plénière de mercredi matin à Strasbourg.

La Commission européenne a, par ailleurs, décidé mardi de prolonger son aide budgétaire directe à l'Autorité palestinienne pour un montant total de 50 millions d'euros sur cinq mois (mars à juillet 2002). Rappelons que cette aide doit éviter l'asphyxie financière de l'Autorité palestinienne et s'accompagne de conditions destinées à renforcer la transparence et la bonne gestion des finances publiques sous la surveillance du Fonds monétaire international.

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