Madrid, 31/01/2202 (Agence Europe) - Le paquet « élargissement » présenté mercredi par la Commission est « une base très raisonnable de discussions, permettant d'aborder tous les aspects sensibles pour tous les pays », a assuré le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, en s'exprimant jeudi devant un groupe de journalistes européens. Sur cette base, la Présidence espagnole compte suivre exactement la feuille de route fixée pour les négociations d'adhésion. « Nous avons l'engagement de prendre des décisions à la fin de cette année. Il est important que nous ayons des positions communes pour négocier avec les pays candidats », a confirmé José Maria Aznar. Trois éléments « doivent être respectés pour nous permettre de prendre une décision à la fin de l'année », a-t-il rappelé: le principe de différenciation, le respect de l'acquis communautaire et le respect de l'Agenda de Berlin. Dans cette optique, le Président du Conseil européen a dit, à propos de l'introduction d'aides directes à l'agriculture des pays candidats: « L'Agenda 2000 ne dit pas que les aides directes pourront être poursuivies après 2006/2007, mais il ne dit pas le contraire non plus ».
José Maria Aznar a voulu se montrer lui-même « raisonnable » sur les résultats potentiels du Sommet de Barcelone à propos de la libéralisation du marché de l'électricité, priorité de la Présidence espagnole qui suscite des réticences du côté français. Idéalement, « ce que j'aimerais, c'est l'ouverture totale du marché de l'électricité, car le marché ne peut pas fonctionner s'il y a en Europe des marchés et une concurrence à plusieurs niveaux», a-t-il commenté. Par ailleurs, il a répété que les réformes structurelles sont nécessaires pour assurer la compétitivité de l'UE face aux Etats-Unis: il ne s'agit pas de copier le modèle américain, a-t-il assuré, en estimant que « nous devons toutefois faire fonctionner et financer le modèle social européen », et la meilleure politique sociale est « celle qui crée des emplois ». Toutefois, « nous savons qu'il y a des difficultés et nous n'oublions pas que la tâche de la Présidence est de trouver des points de rencontre qui permettent d'avancer (…). Nous n'ignorons pas le calendrier électoral de nos partenaires », a-t-il ajouté (allusion en particulier à la France: NdlR).
Pour le Premier ministre espagnol, la Commission a « rempli ses obligations » en mettant en exergue mercredi le déficit de l'Allemagne et du Portugal. Le Pacte de stabilité et de croissance prévoit un mécanisme d'alerte que la Commission a obligation d'utiliser, a-t-il remarqué. Soulignant que les problèmes budgétaires sont liés aussi à la conjoncture internationale, il a rappelé qu'il reviendra au Conseil Ecofin de « trouver un mécanisme pour donner un message crédible dans le cadre du Pacte de stabilité ».
Interrogé sur les résultats attendus de la Convention sur l'avenir de l'Europe, José Maria Aznar a souhaité que la Convention définisse « ce que nous sommes prêts à partager et ce que nous ne sommes pas prêts à partager ». « Je suis pour l'inclusion de la Charte des droits de l'homme dans le Traité, l'élargissement de l'espace de liberté et de sécurité, la politique de défense et le marché unique. Mais je suis contre les discussions sur le nom à donner à ce que nous sommes prêts à faire », a-t-il lancé en confirmant son antipathie pour les querelles idéologiques. « Ce qui importe, ce sont les politiques concrètes, et non les discussions sur comment on appelle ce que nous faisons », a-t-il précisé.