Rome, 14/01/2002 (Agence Europe) - « La position de l'Italie en Europe est solide comme toujours et peut-être plus que jamais ; le gouvernement et sa politique étrangère sont en excellente santé, et ce n'est pas une petite fièvre médiatique alimentée chez nous (…) qui modifiera le cadre clinique », s'est exclamé le Premier ministre italien Silvio Berlusconi lors du débat sur la politique européenne de son gouvernement qui s'est tenu au Parlement italien dans l'après-midi du 14 janvier, à la demande de l'opposition de centre-gauche, suite à la démission du ministre des Affaires étrangères Renato Ruggiero. M. Berlusconi a remercié ce dernier pour son travail et il a estimé que cette affaire a fait "beaucoup de bruit pour rien". Il a réaffirmé qu'il assumera l'intérim « pour un temps limité », et a indiqué qu'il laissera la place à une « personnalité appropriée », dès que seront jetées les bases d'une « réorientation et mise à jour » de la manière d'être de l 'Italie « dans la famille des nations ». M. Berlusconi a parlé d'une « nouvelle phase » de la politique étrangère en notant que « personne » ne peut penser traiter l'Italie comme un « sujet à souveraineté limitée », et en défendant sa vision d'une politique dans laquelle « la voie du commerce est une des voies maîtresses de la politique étrangère ». Là, M. Berlusconi a polémisé, sans le citer, avec Louis Michel (qui, en répondant à la presse, lui avait donné comme note un « zéro »), en parlant d'un « homme politique un peu cabotin qui nous donne des notes ».
Sur le fond, M. Berlusconi, qui a été applaudi à plusieurs reprises par sa majorité, a dit en particulier: - à propos de la future réforme de l'UE: « il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs, dire déjà où devra disparaître la règle de l'unanimité », car, même si le gouvernement italien prévoit pour l'avenir « un long cycle d'intégration politique », la nature, la portée, les délais de ce processus « ne sont pas un livre déjà écrit ». Ainsi, par exemple, selon lui, on ne peut pas « improviser aujourd'hui » ce qui adviendra de la politique étrangère commune, de la politique de défense, de la politique agricole, de l'harmonisation fiscale, de la réforme du Welfare ; - l'Europe sera « laïque », mais elle doit reconnaître sa « tradition chrétienne »: il ne faut pas ignorer les appels de ceux qui, comme le pape, « nous mettent en garde contre le risque de donner vie à un organisme sans âme » (M. Berlusconi a évoqué là De Gasperi, en parlant d'une « certaine religion européenne » existant en Italie ; - l'Italie doit défendre le principe de subsidiarité et « saura faire entendre sa voix dans la défense des intérêts nationaux » tout en oeuvrant pour une intégration « rapide et efficace ». « Une Europe des directoires exclusifs serait un animal né boiteux », s'est-il écrié.