Bruxelles, 14/01/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait approuver ce mardi, à Strasbourg, une communication (destinée au Conseil européen qui se réunira les 15 et 16 mars à Barcelone) faisant le point sur la mise en oeuvre du "programme de Lisbonne" (adopté par le Conseil européen il y a deux ans). Ce programme visait à faire de l'UE, d'ici à 2010, l'économie la plus compétitive du monde, et avait établi un calendrier très touffu de réformes structurelles et d'autres initiatives susceptibles de permettre d'atteindre l'objectif. Le Conseil européen avait aussi décidé de tenir chaque année, au printemps, un sommet supplémentaire pour faire le point.
Le message que la Commission entend faire passer par son rapport d'étape est le suivant: l'euro étant fait, le moment est venu de relancer les réformes structurelles qui doivent permettre à la fois, de rétablir le plein emploi d'ici 2010 (objectif qui devrait être confirmé), de mettre fin aux déficits budgétaires nationaux (en les remplaçant autant que possible par des surplus) et de renforcer la cohésion sociale. Les retards déjà dénoncés notamment par le Sommet de Laeken (brevet européen, libéralisation des marchés de l'énergie, certains aspects de l'unification des marchés financiers, etc.) doivent être comblés. En particulier, les objectifs suivants seraient indiqués dans le texte:
1. Politiques budgétaires. Les pays qui accusent encore des déficits sérieux (Allemagne, France, Italie et Portugal) doivent se fixer l'objectif de les éliminer en 2003 ou 2004. S'ils ne sont pas en mesure de réaliser des progrès en 2002, ils devront augmenter d'autant les efforts pendant les deux années suivantes. Le pacte de stabilité et de croissance doit en tout état de cause être respecté.
2. Emploi. Le chômage n'a plus diminué en 2001 et un risque existe qu'il augmente en 2002 (600.000 chômeurs en plus?). Il est indispensable, pour redresser la situation, d'alléger la fiscalité sur les bas salaires (qui est de 38% en moyenne, avec des pointes à 45%, contre 29% aux Etats-Unis) relever l'âge de la retraite (qui devrait passer à 60/62 ans d'ici 2010, alors qu'il se situe actuellement à 58 ans) et augmenter le taux d'emploi des femmes (l'objectif de Lisbonne est un taux moyen de 57% en 2005).
3. Intégration des marchés. Des mesures doivent être prises d'urgence pour faire progresser l'intégration des marchés de l'énergie et des marchés financiers ainsi que du marché des transports.
4. Enseignement et formation. L'UE doit impérativement intensifier ses investissements dans ces domaines, et certains objectifs chiffrés seraient indiqués, dont notamment la multiplication des structures d'accueil des jeunes enfants, afin de faciliter l'emploi des femmes (en 2010, de telles structures devraient être disponibles pour un tiers des enfants de moins de 3 ans, et pour 90% des enfants entre 3 ans et l'âge de la scolarité).
S'y ajoutent les initiatives visant à renforcer le "modèle social européen", dont EUROPE a déjà fait état dans son bulletin du 11 janvier 2002, p.9. Voir aussi 21 décembre, p.10 en ce qui concerne le marché de l'emploi.