- Argentine: les nouvelles mesures économiques prévues dans la loi d'urgence adoptée le 7 janvier dernier pour enrayer la crise inquiètent sérieusement les investisseurs étrangers implantés dans le pays. Alors que la parité peso-dollar a été abandonnée (un dollar vaut maintenant officiellement 1,40 peso), deux articles les inquiètent plus particulièrement. La première mesure polémique établit en effet un impôt pendant cinq ans sur les exportations de pétrole et ses dérivés. Le second article porte sur les tarifs du téléphone, de l'électricité, du gaz et de l'eau qui seront dorénavant fixés en pesos et non plus en dollars. Selon la Fondation Invertir Argentina, les investissements étrangers se sont élevés, entre janvier 1994 et octobre 2001, à près de 98 mrds de dollars en Argentine. Les Etats-Unis arrivent en tête avec 28,6 mrds de dollars investis (soit 31,92% du total) devant l'Espagne (25,6 mrds de dollars investis ; 28,5% du total). Suivent ensuite la France (8,48 mrds de dollars), l'Italie (4,98 mrds de dollars), le Chili (4,7 mrds de dollars), le Royaume-Uni (4,23 mrds de dollars), l'Allemagne (2,53 mrds de dollars) et les Pays-Bas (2,44 mrds de dollars). L'Espagne est donc, et de loin, le premier pays européen investisseur. La compagnie pétrolière REPSOL a réalisé, à elle seule, 69,02% (soit 17,8 mrds de dollars) des investissements espagnols grâce notamment à l'opération de fusion-acquisition en 1999 de l'entreprise argentine du même secteur YPF - YACIMIENTOS PETROLIFEROS FEDERALES. Depuis l'annonce de la récession, l'action REPSOL a chuté de 7,85%. Le groupe TELEFONICA, première capitalisation boursière espagnole, fut pendant la même période le deuxième investisseur ibérique avec 3,19 mrds de dollars, dans la téléphonie fixe, mobile, l'accès à Internet et la télévision par câble. L'action TELEFONICA a, lui, perdu 3%. Le secteur bancaire espagnol a investi pour sa part 2,22 mrds de dollars avec les prises de contrôle des banques argentines BANCO RIO et BANCO FRANCES, respectivement par le SCH - SANTANDER CENTRAL HISPANO et le BBVA - BANCO BILBAO VIZCAYA ARGENTINA. Ces banques ont également investi un total de 644 millions de dollars dans les fonds de pension argentins. Les actions de ces deux groupes ont également baissé de, respectivement, 4,37% et 3,25%. Citons encore le premier opérateur électrique ENDESA avec 1,04 mrd de dollars investis dans l'industrie du gaz, la génération d'électricité thermo-électrique et des parcs éoliens. Les autres investisseurs espagnols sont également AGBAR - AGUAS DE BARCELONA (groupe SUEZ), spécialisé dans la distribution d'eau, avec 236 millions de dollars, et le groupe de BTP, DRAGADOS spécialisé dans la construction d'autoroutes, avec 286 millions de dollars. Selon le quotidien Expansión, TELEFONICA, ENDESA et REPSOL-YPF ont l'intention de déposer un recours en justice contre les mesures prévues par la loi d'urgence.