Londres, 23/11/2001 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique Tony Blair a, dans un discours prononcé vendredi à l'European Research Institute de Birmingham, appelé à un plus grand engagement européen du Royaume-Uni: "la tragédie" de notre politique a été que trop de responsables politiques n'ont "pas su comprendre la réalité de l'intégration européenne, et ont ainsi manqué aux intérêts britanniques", a-t-il dit. Dans son discours largement consacré à un examen critique du comportement britannique à l'égard de la construction européenne au fil de l'histoire, Blair a souligné les réussites de l'Europe ("nous avons une politique étrangère et de sécurité commune qui offre de l'espoir à des régions troublées comme les Balkans et l'Afghanistan"...). En ce qui concerne l'euro, il a répété que "si les tests économiques sont remplis, des barrières politiques ou constitutionnelles ne devraient pas nous empêcher d'adhérer" (et, "naturellement, la décision définitive appartient au peuple, dans un référendum"). Quant à l'avenir de l'Europe, il a estimé qu'"il n'est pas difficile de savoir ce qui ne va pas aujourd'hui. Le processus décisionnel sur des questions clés et est trop lent et secret (...). En développant une politique étrangère et de sécurité commune, les responsabilités sont trop confuses et se chevauchent (...). Ainsi, nous devons trouver de nouveaux mécanismes assurant une meilleure coordination et continuité, en respectant en même temps les droits des petits pays comme des grands. Nous devons nous munir de garanties adéquates contre la centralisation (...). C'est pourquoi je continue d'être attiré par l'idée de renforcer le contrôle des parlements nationaux sur une bureaucratie excessive...".
La veille, dans The Independent, le Secrétaire au Foreign Office Jack Straw avait anticipé que M.Blair aurait "plaidé encore une fois afin que nous renforcions notre souveraineté en la partageant, là où nous choisissons de le faire, avec nos amis au sein de l'UE". M. Straw souligne: "Dans un monde où les Etats et les intérêts de leurs citoyens sont si évidemment interdépendants, nous devons repenser nos attitudes face à des notions comme "indépendance" et "souveraineté". La vérité est que la "souveraineté" n'a jamais été absolue (...). Est-ce que quelqu'un imagine vraiment que, dans les dernières, cruciales semaines, l'influence britannique à Washington aurait été aussi forte qu'elle l'a été si nous n'étions pas aussi une voix forte au sein de l'UE ?".