Bruxelles, 21/11/2001 (Agence Europe) - En présentant à la presse le 20 novembre à Bruxelles le rapport annuel 2001 de l'Observatoire européen des Drogues et des Toxicomanies qui a son siège à Lisbonne (OEDT: voir EUROPE du 15 novembre, p.18), en présence du Président de la commission des libertés du PE Graham Watson et du Président du conseil d'administration de l'OEDT Mike Trace, son Directeur Georges Estiévenart a indiqué l'objectif de l'exercice était d'analyser les tendances dans l'UE et dans les pays candidats à l'adhésion, les réponses politiques fournies par les Etats membres et la réponse commune de l'UE, ainsi que le plan d'action de cette dernière de lutte contre les drogues pour la période 2000-2004. Plus particulièrement, Georges Estievenart a noté:
A. Substances: 1) il y a une homogénéisation relative, à un niveau assez élevé, de la consommation de canabis: parmi les 15-64 ans, le taux de consommation au cours de la vie varie de 10% en Finlande à 20-25% au Danemark, en France, en Irlande, aux Pays-Bas, en Espagne et au Royaume-Uni; 2) le phénomène - nouveau - de la consommation d'amphétamines, d'ecstasy et de drogues de synthèse est en expansion assez forte et constitue une préoccupation majeure, parce qu'il touche les jeunes et se fait en association avec des produits légaux, comme l'alcool, ou illégaux, comme la cocaïne; 3) il y a eu une montée relative de la consommation de cocaïne, alors que dans le passé elle était limitée à des formes récréationnelles entre privilégiés. Actuellement, on la consomme sous des formes nouvelles (on la fume, par exemple) et dans des contextes autres que privilégiés (notamment dans les rave parties) ; 4) la consommation d'héroïne concerne moins d'une personne sur 100 dans l'UE, mais soulève de graves problèmes (sida, criminalité, maladies infectieuses, décès par surdoses, etc.) et de nouvelles données font apparaître une augmentation de la consommation dans certains pays (Grèce, Luxembourg, Finlande, RU, Suède), une stabilité dans d'autres (Allemagne, Pays-Bas, Autriche) et une baisse évidente ailleurs (Espagne, France).
B. Usage: de nombreux pays sont affectés en Europe, mais le problème de la consommation de drogue semble plus aigu en Italie, au Luxembourg, au Portugal et au Royaume-Uni où il touche de 5 à 8/1000 des 15 à 64 ans.
C. Mesures prises: les Etats membres sont devenus beaucoup plus pro-actifs, adoptent des stratégies établissant des liens entre différents aspects (médicaux, répressifs, etc.), établissent des objectifs clairs et accordent une importance croissante aux programmes scientifiques et à l'information. L'amélioration de la qualité et de la comparabilité des données produites par les Etats membres est significative, et, pour renforcer ces progrès, cinq indicateurs épidémiologiques sont en train d'être mis en place dans l'UE sous l'égide de l'OEDT (une résolution à ce sujet devrait être adoptée par le prochain Conseil Santé de l'UE, a précisé le Directeur de l'OEDT).
En conclusion, M. Estiévenart a indiqué que "si on compare l'UE avec le reste du monde, il n'y a pas de raison spéciale de triomphalisme ni de catastrophisme non plus, mais il faut une grande vigilance quant au développement des drogues de synthèse, à la remontée de la cocaïne et à l'augmentation de la polyconsommation et de la polytoxicomanie". Quant à Graham Watson, il a souligné "l'utilité et l'importance du travail de l'Observatoire" et la nécessité "d'une harmonisation plus intense des données des Etats membres". La stratégie mise en place est efficace, et les polices de l'UE ont réussi à arrêter de nombreux trafiquants, a noté M. Watson.
En répondant à une question sur la collaboration avec les pays candidats à adhérer à l'UE, les représentants de l'OEDT ont souligné que ces pays ont renforcé leurs mesures antidrogue, mais que la consommation de drogues y était bien plus forte que dans l'UE. Ainsi, le nombre de personnes âgées de 15 à 16 ans ayant consommé au moins une fois dans leur vie une drogue illicite a doublé entre 1995 et 1999 dans ces pays.
Le rapport est disponible dans les 11 langues de l'UE (plus le norvégien) sur Internet à l'adresse suivante: http: //annualreport.emcdda.org