Bruxelles, 09/11/2001 (Agence Europe) - Le député européen Olivier Dupuis et les quatre autres militants du Parti radical transnational arrêtés le 26 octobre après une manifestation à Vientiane ont été condamnés vendredi, dans la capitale du Laos, à deux ans de prison avec sursis, avant d'être expulsés. Le Parti radical a aussitôt demandé un projet identique pour les cinq étudiants laotiens, Keuakoun, Sisa-At, Phengphanh, Chanmanivong et Keochay, disparus depuis deux ans suite à une manifestation pour la démocratie.
La détention du député européen et des quatre autres militants avait suscité de nombreuses réactions dont nous avons fait état au cours des derniers jours. Jeudi, une trentaine de personnes avaient manifesté devant le bâtiment du Conseil de l'Union. Par solidarité et pour faire pression sur le régime laotien, neuf députés européens - Mmes Bonino (radicale italienne), Nicholson (libérale britannique), Ries (libérale belge) et MM. Cohn-Bendit (vert allemand), Mendiluce (socialiste espagnol), Morillon (PPE, français), Ribeiro (UEN, portugais), Salafranca (PPE, espagnol) - avaient effectué une démarche en vue de se rendre au Laos. La présidente du Parlement, Nicole Fontaine, a écrit jeudi au Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, pour lui demander d'intensifier les pressions sur le Laos en vue d'obtenir la libération de M. Dupuis et des autres détenus. « Le cas échéant, j'estime qu'il ne faudrait pas hésiter à appliquer les procédures de suspension de l'accord de coopération du 29 avril 1997 », avait-elle ajouté. Le même jour, le président de la Commission européenne Romano Prodi a adressé au président du Laos, Khamtay Siphandone, une lettre dans laquelle il écrit: « En me référant à notre attachement commun au respect des droits de l'homme et à notre volonté partagée d'intensifier la coopération entre le Laos et l'Union européenne, je me permets de faire appel à votre sagesse et votre grande expérience des affaires du monde pour que soit mis rapidement un terme à cette malheureuse affaire et que ces personnes soient remises en liberté ». La commission des affaires étrangères du PE a aussi adopté une proposition de résolution qui demande à la Commission et au Conseil d'entamer la procédure de suspension de l'accord de coopération UE/Laos: elle sera examinée la semaine prochaine en plénière (voir autre nouvelle).