Bruxelles, 09/11/2001 (Agence Europe) - L'UE a beaucoup travaillé et a progressé à des degrés divers, depuis deux ans, vers la création de politiques européennes de l'asile, de la justice et de l'immigration, mais beaucoup reste à faire, notamment à cause des retards dus à une volonté politique pas toujours suffisante et à des méthodes de travail trop complexes. Ce constat est fait par la presque totalité des Etats membres dans leurs contributions à la préparation du Conseil Justice et Affaires intérieures du 16 novembre, qui doit examiner la mise en œuvre du vaste programme adopté en octobre 1999 au Sommet de Tampere. Les travaux du Conseil JAI seront transmis au Conseil européen de Laeken, auquel beaucoup de délégations demandent de confirmer les engagements pris à Tampere sans aller plus loin, mais en fixant des priorités et en révisant les méthodes de travail, pour les simplifier et mieux coordonner les travaux des différents groupes.
Au-delà de ces constats, il y a évidemment des différences dans l'appréciation des progrès, et encore plus dans les priorités et la vision qu'ont les Etats membres du degré souhaitable de coopération judiciaire. Ainsi, si l'Italie juge que "le vrai saut qualitatif pour traduire les engagements politiques en action de Tampere resterait, comme cela a été le cas pour le marché unique, de passer au vote à la majorité qualifiée", rares sont les pays qui font cette demande, si ce n'est le Portugal qui souligne que la règle de l'unanimité et la séparation en deux piliers compliquent les choses (tout comme le statut spécial du Danemark, du Royaume-Uni et de l'Irlande). L'Irlande, et quelques autres pays, jugent que le bilan est tout de même assez bon, et qu'il faut tenir compte, pour l'apprécier malgré un démarrage assez "lent", de la nouveauté et de l'ambition du programme de Tampere. La Finlande estime de son côté que le Sommet de Laeken devra aborder des méthodes de travail, mais pas seulement, parce que "le principal problème vient du manque de volonté politique". Plusieurs pays demandent une réelle vérification de la mise en œuvre des décisions adoptées par le Conseil.
Parmi les commentaires plus détaillés, en matière d'asile et immigration, la Suède et les Pays-Bas sont parmi les plus critiques. Ainsi, les Pays-Bas jugent que les progrès ne vont pas assez vite, et demandent à passer au plus vite au premier pilier avec vote à la majorité qualifiée et participation du Parlement européen. Pour la coopération policière, beaucoup de demandes de renforcer le rôle d'Europol, et de la Task force des chefs de police, et de créer une police européenne des frontières.