Bruxelles, 09/11/2001 (Agence Europe) - Le quotidien français Le Monde a publié le 8 novembre une réaction du Commissaire à la concurrence Mario Monti, qui entend clarifier le bien-fondé des décisions de la Commission européenne concernant de récentes opérations de fusions. Les veto successifs à la concentration entre les entreprises françaises Schneider et Legrand ainsi qu'au rachat de Sidel (France) par Tetra-Laval (Suisse) ont en effet provoqué, en France, des polémiques quant à la manière dont est menée l'instruction des dossiers par les services de M. Monti. Ce dernier estime notamment que les décisions de la Commission ont été présentées à l'opinion publique « de façon biaisée » faisant oublier les « innombrables feux verts » donnés à d'autres entreprises françaises. Saluant la « vitalité » des grandes entreprises françaises, M. Monti reconnaît la capacité des chefs d'entreprises françaises à coopérer efficacement avec la Commission, « même dans des cas qui se présentaient plutôt comme problématiques ». Il nuance néanmoins ses propos en faisant remarquer qu'il était vain de faire intervenir « l'une ou l'autre influence politique auxquelles nous avons le devoir d'être strictement insensibles ». Il a réagi d'autre part à l'accusation selon laquelle la Commission adopterait, dans certains cas, une vision un peu étriquée de la réalité économique. M. Monti estime ce débat « bienvenu » pour autant qu'il soit « solidement argumenté ». Enfin, il réfute l'accusation selon laquelle la Commission interdirait automatiquement toute fusion entre des entreprises issues d'un même Etat membre, citant l'exemple TotalFina/Elf dont la fusion fut autorisée moyennant certaines concessions. Etant donné « l'exercice particulièrement délicat » que constitue l'identification des remèdes aux problèmes de concurrence, M. Monti invite en conclusion les entreprises à coopérer pleinement avec la Commission, « sans attendre les dernières semaines de la procédure ». Et s'il arrivait à la Commission de se tromper (« la Commission n'est pas à l'abri de toute erreur », reconnaît-il), le contrôle juridictionnel exercé par la Cour de justice de Luxembourg permet de réparer le dommage avec l'annulation de toute décision prise par l' Exécutif européen. Rappelons que Le Monde avait publié dans ses colonnes une réaction virulente du président de Schneider, Henri Lachmann, qui, suite au veto européen à la fusion de son entreprise avec Legrand, avait déclaré: « Nous avons été maltraités (…). La procédure est opaque et s'apparente à un déni de justice. C'est la même instance qui à la fois instruit, examine les remèdes et les juge », ajoutant par ailleurs que « la Commission refuse l'émergence de grands groupes et repousse même l'idée d'appréhender l'Europe pour lui préférer les marchés nationaux ».