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Bulletin Quotidien Europe N° 8084
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/mediterranee

Paix entre Israël et la Palestine, lutte contre terrorisme, et coopération dans les domaines de Justice et affaires intérieures au menu de la conférence ministérielle informelle de Bruxelles

Bruxelles, 05/11/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE et du pourtour méditerranéen -Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, Palestine, Israël, Turquie, Chypre et Malte- ainsi que de pays ou organisations invités -Libye, Mauritanie, Ligue arabe, UMA- ont entamé lundi soir à Bruxelles la session informelle du dialogue euroméditerranéen (voir EUROPE du 1er novembre, p.10). Aucune défection n'est enregistrée, en particulier de la part de la Syrie et du Liban qui avaient boudé la dernière conférence ministérielle, à Marseille en novembre 2000.

Le thème de la paix au Moyen-Orient devait, une nouvelle fois, focaliser l'attention, d'autant que Yasser Arafat, dont la présence n'était pas prévue, devait prononcer un discours à l'ouverture des travaux, après avoir eu dans la journée des entretiens avec plusieurs responsables européens. Son intention est, semble-t-il, de pouvoir engager le dialogue directement avec Shimon Peres, à Bruxelles, après une tentative trop brève pour être fructueuse ce week-end en Espagne. Les discussions sur les aspects politiques du dialogue euroméditerranéen ne devraient cependant pas dépasser la séance du lundi soir (l'ouverture formelle des travaux était suivie par un dîner de travail). La matinée de mardi devait être réservée aux discussions sur les "matières humaines" (culturel, social, migration, etc.) et l'après-midi à la coopération économique.

L'exercice, durant cette session à mi-parcours, devait se résumer à un passage en revue de tous les thèmes abordés dans le processus de Barcelone, en prévision de la session ministérielle formelle envisagée au printemps prochain à Valence. Le Président du Conseil de l'UE devrait informer la presse dans des «conclusions » dont on ne sait pas encore si elles seront conjointes ou relevant de sa seule responsabilité. Chacun des deux principaux groupes de pays (l'UE et les pays arabes) pourra cependant, comme d'usage s'exprimer lors de la conférence de presse finale. Des sources européennes font noter qu'un texte commun pourrait refléter une relative convergence des vues sur la condamnation des récents actes terroristes. Cette convergence serait moins évidente lorsqu'il s'agit de définir le concept de terrorisme. L'Algérie et d'autres pays de la région attendent de la part de l'UE une action plus solidaire contre les réseaux extrémistes musulmans implantés dans des capitales européennes (Londres en particulier). Cela paraît poser moins de problèmes qu'avant le 11 septembre et, sur le terrain, la situation paraît évoluer dans un sens qui rapprocherait les points de vue. Pour d'autres pays (Syrie et Liban en particulier), le terrorisme, c'est aussi la répression des Palestiniens par Israël, mais la partie européenne ne semble pas encline à partager cette acception du terrorisme.

Un thème voisin sera également au centre des discussions entre les ministres, comme il l'a été au cours des rencontres préparatoires entre les hauts fonctionnaires des vingt sept pays: la mise en place d'une coopération dans le domaine JAI (Justice et affaires intérieures, ou affaires "connexes", comme préfèrent les qualifier les pays de la rive sud). La discussion est concrètement engagée à ce sujet sur la base d'un document de travail proposé par l'UE et dont les ministres prendraient acte, en même temps que des « commentaires » livrés depuis par chacun des pays partenaires, avant de charger les hauts fonctionnaires d'en approfondir les termes. L'espoir serait de le faire adopter par la prochaine conférence, à Valence l'an prochain. Engagées dès 1995 au "niveau politique", les discussions en ce domaine - touchant au traitement du phénomène migratoire, légal ou clandestin, à la coopération judiciaire, à la lutte contre les trafics de drogue et de voitures, le blanchiment d'argent et le crime organisé, ainsi qu'à l'application du droit d'asile et l'obligation de "réadmission" qui en découle pour des pays charnière dans le trafic des êtres humains - sont restées jusqu'ici au stade théorique. L'UE suggère de s'atteler maintenant à la tâche d'en préciser le contenu et d'imaginer, pour chaque aspect, une coopération spécifique dont le socle sera la promotion de «l'acquis international », à savoir non pas de parvenir à une harmonisation des législations entre l'UE et ses partenaires du sud de la Méditerranée, mais de les inciter à accepter l'acquis formé par les diverses conventions internationales en la matière. En parallèle, l'UE insiste sur le respect des droits de l'homme et de la démocratie, et sur la bonne gestion des deniers publics, présentés comme la promotion des « valeurs fondamentales ».

La Présidente du Parlement européen Nicole Fontaine a participé à l'ouverture de la conférence.

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