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Bulletin Quotidien Europe N° 8045
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/turquie

M. Lamassoure n'est pas favorable à l'idée de fixer un délai au-delà duquel le statut de "candidat" d'ankara devrait etre renégocié

Bruxelles, 11/09/2001 (Agence Europe) -"Je n'y suis pas favorable. Il faut traiter les pays candidats de la même manière. Je ne suis pas favorable à tout ce qui pourrait représenter un ultimatum (...). Imposer une date limite à un pays quel qu'il soit est contraire à l'esprit de la négociation". C'est ce qu'a dit mardi à la presse Alain Lamassoure (PPE, français), rapporteur du Parlement européen sur les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion et sur la proposition de règlement concernant l'aide financière de pré-adhésion en faveur de la Turquie, rapports qui doivent être votés en plénière le 24 octobre, à propos de l'idée lancée par certains députés européens de fixer un délai (par exemple, cinq ans) au-delà duquel, si les conditions politiques et économiques pour l'adhésion à l'UE ne sont toujours pas remplies, le statut de candidat accordé à la Turquie cesserait d'exister, et devrait être renégocié par les Etats membres de l'UE. A propos de Chypre, M. Lamassoure a affirmé: "Au plus tard à l'automne 2002 le moment de vérité va arriver sur Chypre (...) . Je ne peux pas m'imaginer qu'on puisse se trouver l'an prochain dans une situation de crise à cause de Chypre....".

En un an, a estimé M. Lamassoure, qui a pris la succession de Philippe Morillon comme rapporteur pour la Turquie, et qui a rencontré lundi à Bruxelles le ministre turc des Affaires étrangères Ismail Cem, le bilan des progrès faits par la Turquie est "contrasté". Ainsi, "il y a eu des progrès, il y a eu des reculs et des problèmes inattendus que la Turquie doit affronter", a-t-il constaté, en notant qu'un événement inattendu avait été la crise économique de novembre 2000, suivie par celle, "très grave", de février dernier, et en précisant:

- du côté positif, il y a eu en particulier le programme national d'adaptation à l'acquis (dont il a cependant critiqué le calendrier et le fait qu'il soit "relativement flou"), les progrès de l'Union douanière, des réformes comme celles du monopole des tabacs, l'adhésion à la convention sur l'élimination du travail des enfants. La Grande Assemblée turque doit examiner maintenant des projets de lois qui "rapprocheront la Turquie de l'Europe", a souligné M. Lamassoure, pour qui "les mois qui viennent seront déterminants". Les travaux du Parlement turc reprennent le 17 septembre, et le Parlement encouragera l'ambitieuse réforme envisagée, a assuré M. Lamassoure, en remarquant: "je dirais que tout commence par là". Et, tout en déclarant comprendre "tout à fait que la Turquie veuille avoir son modèle de démocratie", il a estimé que, si elle veut rejoindre l'UE, elle " a besoin d'un modèle moderne de démocratie pour le 21ème siècle".

- du côté des "incertitudes, retards et parfois reculs", M. Lamassoure a cité l'insuffisance de progrès dans la lutte contre la torture, la dissolution de partis politiques (si un parti d'opposition est ainsi dissous, alors qu'il n'y a pas de situation de "violence", "manifestement la démocratie n'a pas atteint un stade d'équilibre", a-t-il estimé), le fait que la fin du conflit dans le Sud-Est de la Turquie n'ait pas été "mise à profit pour lancer des initiatives politiques, culturelles, vis-à-vis de minorités (...) comme les Kurdes " (le Parlement sera "amené à y revenir", a-t-il anticipé), la situation dramatique dans les prisons ("les choses n'ont pas avancé", a regretté le rapporteur, tout en évoquant la responsabilité de certaines "organisations extrémistes" dans cette crise), ou encore le "blocage persistant des relations UE/OTAN" (parce que la Turquie n'accepte pas les conditions proposées pour son association aux opérations PESD: NDLR). J'ai dit hier à M.Cem que "nous comprenons parfaitement que la Turquie devrait être rassurée sur la prise en compte de ses intérêts fondamentaux"¸ mais "on comprend mal" ce blocage, parce que la proposition faite par les Britanniques tient justement compte de ces préoccupations, a indiqué M. Lamassoure.

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