Bruxelles/Hanoi, 11/09/2001 (Agence Europe) - A l'issue de leur troisième rencontre dans le cadre du processus de dialogue informel Asem, les ministres européens et asiatiques du Commerce ont adopté, ce mardi à Hanoi, une déclaration commune dans laquelle ils soutiennent le lancement d'un nouveau cycle de négociations à Doha. A huit semaines de la prochaine ministérielle de l'OMC, le Commissaire Pascal Lamy espérait un tel rapprochement. Le "soutien actif" des pays asiatiques lui semble en effet "essentiel" pour faire du rendez vous de novembre prochain un succès. La rencontre Asem, qui s'est terminée le même jour, est "sans doute la dernière occasion pour les représentants de deux régions, qui ont d'énormes intérêts commerciaux au niveau global, de développer les intérêts communs et réduire les différences concernant l'approche d'un nouveau cycle", a-t-il souligné en rappelant à ses interlocuteurs (ses homologues de Japon, Chine, Corée du Sud, Vietnam, Thaïlande, Indonésie, Philippines, Malaisie, Singapour et Brunei), combien la position européenne avait évolué depuis Seattle. "Bien que l'engagement de l'UE vis-à-vis d'un vaste cycle reste ferme, les propositions qui sont avancées en vue d'atteindre cet objectif sont aujourd'hui beaucoup plus flexibles et visent à répondre aux préoccupations des pays en développement", a-t-il dit (voir EUROPE d'hier, p. 13 ). Après s'être entretenu avec la délégation de Kuala Lumpur, M.Lamy avait fait état des doutes exprimés dès le début "par des pays tels que la Malaisie sur des questions comme la concurrence", parmi les nouveaux sujets de négociation mis en avant par les Européens. "Mais, a-t-il ajouté, nous sommes désormais en position de répondre aux interrogations de la Malaisie".
M. Lamy espère aussi que l'Asem "développe un agenda économique plus focalisé et axé sur l'action en matière de commerce et d'investissement, et examine les moyens de compléter notre dialogue en impliquant davantage des acteurs sociétaux". La maturité du processus, jusqu'ici fondé sur un dialogue entre dirigeants, lui semble permettre de laisser davantage de place à "l'approche dite de bas en haut", autrement dit "à l'implication - des parlementaires, hommes d'affaires et ONG". "Tous les secteurs de la société devraient être invités à contribuer, par leurs idées, au processus, à travers la mise en oeuvre d'initiatives de type-société civile", a-t-il estimé.