Londres, 02/08/2001 (Agence Europe) - L'ambassade britannique de Londres a publié, sous le titre Two Peoples and two States in Cyprus at the Eleventh Hour, les contributions à un séminaire qu'elle avait organisé en février dernier sur la question chypriote, en l'absence de participants grecs et chypriotes grecs, et en présence en particulier de l'ancien leader chypriote turc Osman Ertug, qui a évoqué les "pourparlers de proximité" que les Chypriotes turcs avaient décidé de quitter en novembre 2000, "jusqu'à ce que nos paramètres pour un règlement (...) n'aient été acceptés". Selon M. Ertug, dans le cas de Chypre, "le terme "proximité" est clairement ironique, puisque cinq rounds de pourparlers de proximité dans l'espace d'un an (du 3 décembre 1999 au 10 novembre 2000) n'ont révélé aucune "proximité" (…), mais ont exposé la profondeur de la division entre les deux parties".
Au cours du séminaire, qui avait en particulier pour but de rappeler l'histoire récente de Chypre (ainsi, Michael Stephen, ancien député conservateur et expert de la question chypriote, a évoqué la responsabilité britannique et de la communauté internationale dans l'impasse à Chypre), le Professeur Haluk Kabaalioglu, président de l'Association des universités turques pour les études sur l'UE et Professeur Jean Monnet, a dénoncé très vivement l'attitude de l'Union européenne à l'égard de Chypre. A propos de ce qu'il appelle "les dilemmes créés par l'approche" de la question par l'UE, le Professeur Kabaalioglu, en notant qu'il a "passé vingt-cinq ans enseignant le droit de l'UE et établi l'Institut de l'UE en Turquie, il y a quinze ans", affirme: "je dois admettre que l'UE est sur une fausse route". Et il dit ne pas pouvoir imaginer que l'Union puisse accueillir Chypre "dans la situation actuelle", bien que "les Chypriotes grecs (…) croient maintenant qu'une solution (de la question chypriote) n'est pas une condition préalable" (à l'adhésion). Le Professeur Kabaalioglu se demande: "Puisque l'appartenance à l'UE signifie le transfert d'une partie de souveraineté, qui est habilité, à Chypre, à transférer des pouvoirs souverains à l'UE? Est-ce seulement l'administration chypriote grecque? (...) Décidément pas! Il est donc absolument nécessaire d'obtenir aussi l'assentiment des Chypriotes turcs". A ceux qui disent que "les Chypriotes turcs avaient quitté le gouvernement" et que les Chypriotes grecs peuvent donc amender la constitution tout seuls, le Professeur Kabaalioglu réplique que les Chypriotes turcs ne sont pas partis "à leur propre initiative", et qu'il y a "des dispositions de la Constitution de Chypre qui ne sont pas amendables". En outre, il souligne qu'il y a aussi les traités qui "attribuent à la Turquie les pouvoirs de garants", et que "les dispositions des traités ont la force d'une constitution".
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