Bruxelles, 16/07/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE sont favorables à l'ouverture d'une procédure à l'Organisation mondiale du commerce contre les pratiques « déloyales » des chantiers navals sud-coréens, même si les modalités restent à définir; en revanche, les opinions sont beaucoup plus partagées à propos de la mise en place d'un régime temporaire de soutien aux chantiers européens, a résumé le président du Conseil, Louis Michel, à l'issue du débat sur ce sujet au Conseil Affaires générales, lundi à Bruxelles. Les ministres devraient se prononcer sur le régime temporaire d'aide lorsqu'ils auront sous les yeux la proposition que la Commission européenne doit adopter mercredi, a-t-il ajouté.
Les Commissaires européens au commerce, Pascal Lamy et à la concurrence, Mario Monti, ont informé le Conseil sur les deux mesures que la Commission devrait proposer mercredi: l'ouverture de la procédure à l'OMC et la mise en place d'un régime temporaire destiné à protéger pendant la durée de la procédure les secteurs directement en concurrence avec la construction navale (navires à conteneurs et les chimiquiers notamment). Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les trois pays scandinaves sont réticents à l'égard du régime d'aide, estimant qu'il risque de se prolonger et de créer des distorsions de concurrence au sein de l'UE entre les chantiers subventionnés et les autres. L'Allemagne et l'Espagne insistent au contraire pour que ce système soit mis en place. Pour le ministre espagnol Josep Piqué, « les deux mesures sont indissociables ». Le régime d'aide « est un moyen de faire pression, mais il peut créer des problèmes à l'intérieur de la Communauté », a remarqué devant la presse le ministre français aux affaires européennes, Pierre Moscovici, en précisant que « la France reste ouverte sur la question ». Reprenant la position autrichienne, Louis Michel a conclu que le Conseil reprendra la discussion en détail lorsqu'il disposera d'un texte précisant les mécanismes d'aide envisagés.
« Les négociations pour trouver une solution à l'amiable avec les Coréens n'ont pas donné les résultats escomptés, nous avons donc confirmé la double démarche, OMC et aides temporaires, définie lors du Conseil Industrie de mai dernier », a rappelé à la presse, Anthony Gooch, porte-parole du commissaire Lamy, en soulignant que « la Commission a confirmé le caractère indissociable des deux mesures proposées ».