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Bulletin Quotidien Europe N° 8007
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

Petite chronique du débat sur l'avenir de l'Europe - En attendant une prise de position du gouvernement Berlusconi, le Président de la République a indiqué les grandes lignes de la position de l'Italie

Un point d'interrogation à éliminer. Et l'Italie, comment se situe-t-elle? Dans le débat en cours sur l'avenir de l'Europe, c'est toujours sous une forme interrogative que le cas italien est évoqué, parce que l'attitude du nouveau gouvernement et de la nouvelle majorité demeure quelque peu incertaine. Silvio Berlusconi a parlé, en termes assez généraux, d'une "continuité" de la politique européenne de l'Italie, et en même temps il a exprimé un certain degré d'accord avec les positions de M.Blair et de M.Aznar. Au titre de la "continuité", il a désigné comme ministre des Affaires étrangères Renato Ruggiero, ancien haut fonctionnaire de la Commission, ancien Représentant permanent d'Italie à Bruxelles, ancien ministre du Commerce, homme qui - tel que je le connais - n'hésiterait pas à démissionner plutôt que d'avaliser une politique "tiède" à l'égard de la construction européenne. Le rôle de Ruggiero est essentiel si Berlusconi souhaite que disparaissent certaines perplexités qui ont accompagné sa victoire électorale. Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer vient de déclarer: "j'estime que dans le contexte du processus qui conduit à 2004, la politique étrangère italienne, sous la conduite de Renato Ruggiero, pourra jouer un rôle tout à fait significatif, comparable à celui des dernières années." Cette désignation a donc représenté un geste significatif. Mais elle n'est pas suffisante pour éliminer toutes les incertitudes.

Pour une identité européenne. À présent, un élément rassurant supplémentaire s'ajoute: le président de la République a pris position. Il l'a fait le 3 juillet à Milan, devant un parterre de jeunes réunis par l'ISPI, en se prononçant pour une "identité européenne" fondée sur un "code éthique" et faisant de l'Europe un "protagoniste véritable de la réalité internationale". Ainsi, l'Europe pourra faire valoir ses vues face aux grands risques mondiaux qu'Azeglio Ciampi a ainsi énumérés: la globalisation non maîtrisée, l'utilisation détournée des technologies, la négligence environnementale, l'immigration non disciplinée, la pression de la criminalité internationale. Il s'est ainsi clairement exprimé en faveur de l'Europe-puissance, dont les "centres de gravité et d'animation" doivent être, à son avis, le noyau des pays fondateurs et la zone euro. La forme que cette Europe compacte devrait prendre lui semble être celle de la "Fédération d'Etats nations", qui permet de prolonger "l'intuition des Pères fondateurs qui ont concilié la vocation fédérale de l'Union avec la légitimité des Etats". Les moyens que M.Ciampi préconise sont:

un Acte fondamental, ou Constitution, comportant trois éléments: la Charte des droits fondamentaux, la définition des fonctions de l'Union et des Etats, un Traité réorganisé et simplifié;

le renforcement du rôle supranational de la Commission;

un pouvoir législatif "plus clair" du Parlement européen et un rôle "incisif" des parlements nationaux dans le processus décisionnel de l'UE;

une politique étrangère et de défense commune;

la faculté pour l'Union de parler d'une seule voix au niveau mondial.

Le poids politique de l'Europe doit s'exercer en premier lieu au Moyen-Orient et dans les Balkans, à la condition que les peuples et les pays concernés jouent leur rôle. Palestiniens et Israéliens doivent être conscients que, en l'absence d'une paix durable, la "grande alliance" avec l'Europe serait irréalisable, et les pays des Balkans doivent réaliser "ce que, dans des circonstances bien plus dramatiques, ont fait les grands pays européens après la deuxième guerre mondiale", en oubliant les rancunes.

Autour de ces grandes lignes, il ne revient pas au président de la République de définir la politique italienne. C'est une tâche qui appartient au gouvernement. En attendant, il est significatif que M. Ciampi se soit exprimé de manière claire. (F.R.)

 

*** M. Geremek et l'agriculture polonaise. A un homme politique français "important" qui lui exprimait la crainte des milieux agricoles de son pays de voir l'agriculture polonaise mettre à mal le marché agricole français, M.Bronislav Gemerek, ancien ministre polonais des Affaires européennes (et actuellement l'un des conseillers du Premier ministre belge Guy Verhofstadt pour la préparation de la "déclaration de Laeken"), a répondu: "Ce matin, j'ai pris mon petit déjeuner à Varsovie. J'ai mangé du pain polonais, un yaourt français, du beurre hollandais, et j'ai bu un jus de fruit allemand. Et vous, qu'avez-vous pris de polonais à votre petit-déjeuner?" (déclaration recueillie par Sabine Verhest pour "La Libre Belgique").

 

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